Limérence : Les Pensées Obsessives Dans La Vie Romantique

Voilà un nouveau mot que j’ai appris hier soir – limérence – et qui, je le crois bien, décrit un problème que j’ai, en lien avec ma vie sentimentale. Si je ressens un peu de honte à avouer publiquement que j’ai ce problème, la découverte de ce mot a malgré tout été un soulagement. Car j’ai eu l’impression que mon problème était enfin “reconnu”, enfin “compris” (par des psychologues en plus !), alors qu’il avait été comme ignoré jusqu’à présent.

D’ailleurs, c’est rigolo parce que ce problème viendrait justement d’une blessure de négligence émotionnelle (sensation de l’enfant d’être ignoré). Comme si, jusqu’à présent, jusqu’à hier soir, on avait “ignoré” mon problème de la même manière que j’ai pu avoir l’impression que certaines de mes émotions étaient “ignorées” étant plus petite. Peut-être que la découverte “par hasard” de ce mot hier soir sur Youtube n’est pas anodine et montre que je suis enfin prête à y faire face…

Dans cet article, je vais commencer par raconter une partie de mon expérience qui est liée à la limérence, car personnellement je connecte souvent plus facilement avec l’histoire de quelqu’un qu’avec de simples définitions. Si cela te parle, il se peut que tu sois, toi aussi, “victime” de limérence. On cadrera ensuite un peu plus ce qu’est la “limérence”, sa définition officielle et comment la guérir.

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Sommaire de l’article : 
À quoi ressemble la limérence : ma propre expérience
Limérence : qu’est-ce que c’est exactement ?
Les principales caractéristiques de limérence
Différence entre limérence et béguin/coup de foudre/crush
D’où vient la limérence et comment la guérir ?
Conclusion

À quoi ressemble la limérence : ma propre expérience

Me concernant, je dirais que ce “problème” a fait son apparition ces trois dernières années. J’ai l’impression d’avoir vécu en boucle le même type de situation : à chaque rencontre que j’ai faite – 6 hommes qui m’ont vraiment plus ces 3 dernières années – je me suis rapidement retrouvée dans un état émotionnel désagréable à cause de pensées obsessives.

La peur à l’origine du problème

À chaque fois, tout allait bien dans les premiers contacts. Puis c’est comme si “quelque chose” prenait le dessus en moi. Je me mettais à devenir anxieuse : 

  • Peur “qu’il se joue de moi” (me mente, ne soit pas honnête avec ses intentions) ; 
  • Peur qu’il ait changé d’avis (qu’il ait dit bien m’aimer mais que ce ne soit plus le cas après un certain temps) ;
  • Peur de la non réciprocité de l’attirance et du fait d’avoir envie de faire connaissance (voire d’aller vers une relation) ;
  • Peur qu’il m’engueule après que j’aie posé mes limites ou dit comment je me sentais ou toute autre chose pour laquelle j’imaginais qu’il puisse avoir une réaction négative ; 
  • Peur de dire quelque chose qui le ferait fuir ;
  • Et sûrement d’autres peurs encore que j’oublie à l’instant présent.

Ça fait pas mal de peurs, et tout ne fait pas forcément partie de la limérence (mais je voulais vous raconter mon expérience telle qu’elle était, dans son ensemble). La peur principale qu’il faut retenir ici pour correspondre au terme de “limérence” est “la peur de non réciprocité”. On va y revenir plus tard dans l’article.

Pensées obsessives

Avec cette anxiété venaient aussi des pensées obsessives envers la personne (au point d’avoir du mal à me concentrer autant qu’avant dans mon travail) : 

  • Dès que c’était moi qui avais envoyé le dernier message, je stressais en attendant la réponse. Soit parce que j’avais peur qu’il me ghoste, ne réponde pas ou autre signe qui montrerait qu’il n’est pas très intéressé ; soit parce que j’avais peur de sa réaction (qu’il m’engueule, qu’il critique mes ressentis ou ma façon de penser).
  • À l’inverse, s’il répondait quelque chose de gentil ou qui me faisait plaisir, je me complaisais à y penser, encore et encore, pour revivre l’émotion de délectation.
  • Plusieurs fois par jour, je pouvais penser – volontairement ou par de la rêverie non contrôlée – à ce que pourrait devenir notre relation. J’aimais fantasmer sur des scènes potentielles que j’aimerais vivre avec cette personne.
  • Plusieurs fois par jour, et surtout avant d’aller dormir, je regardais des tirages de tarot sur Youtube (adressés à mon signe astrologique) pour m’entendre dire qu’il allait me contacter, que ça allait évoluer en relation, ou autre chose positive que j’avais envie d’entendre pour me rassurer sur le fait que ce serait le cas.

Systématiquement, cette personne a pris énormément de place dans mon esprit. Je lui ai donné beaucoup de mon attention et mon énergie, juste par mes pensées et mes états émotionnels liés. J’avais beau être consciente que c’était anormal de penser autant à la personne et de me sentir si souvent mal, je n’arrivais pas à le contrôler, c’était plus fort que moi. Comme un envoûtement (néfaste)…

Les pensées obsessives sont un des points-clés de la limérence. Ainsi que l’alternance entre des émotions intensément positives et intensément négatives, liées à la réciprocité des sentiments de l’autre. Nous y reviendrons.

Un attachement à des personnes que je connais peu

Ce qu’il faut savoir c’est que tout cela est arrivé à chaque fois avec des personnes que je ne connaissais pas forcément très bien. Et même l’un d’entre eux que je n’avais vu qu’une seule fois (et j’avais eu mon plus gros coup de cœur récent). C’est arrivé avec des hommes avec lesquels j’avais été intime physiquement autant qu’avec d’autres avec qui c’était resté platonique.

La limérence se déclenche principalement avec des personnes que l’on connaît peu parce que la limérence est liée à un fantasme, une idéalisation de la personne. Le fait de ne pas beaucoup la connaître permet de vivre ce fantasme car on ne connaît pas bien ses défauts qui pourraient nous ramener à la réalité. Nous reparlerons de tous les aspects de la limérence en seconde partie de l’article.

Des réactions démesurées en conséquence

Cette anxiété et ces pensées m’ont amenée à me comporter d’une façon que je n’aimais pas moi-même mais que je trouvais incontrôlable : 

  • Je suis complètement entrée dans mon énergie masculine à chaque fois en étant celle qui contacte l’autre en premier, qui prend des initiatives, qui “crée la discussion” en posant des questions et en m’intéressant à l’autre. Pas toujours tout ça en même temps et certaines expériences ont eu plus de réciprocité que d’autres, mais globalement j’étais dans cet état anxieux constant où, comme j’avais peur que la relation ne se fasse pas, j’essayais de la forcer en comblant la distance entre nous (en allant vers lui).
  • J’ai eu des réactions (et attentes) démesurées par rapport au niveau de la relation et j’ai encore honte de certaines d’entre elles : attendre de l’autre qu’il soit investi comme si on était en couple, couper le contact net en le supprimant/bloquant sur Instagram parce que je me disais qu’il ne me respectait pas (et il y avait une part de vrai mais mon émotionnel était décuplé).

Les réactions démesurées ne font pas forcément partie intégrante de la limérence. On peut vivre une limérence sans avoir ces réactions (uniquement dans notre tête et nos émotions). Mais on y assimile quand même souvent des “compulsions” : ce besoin irrésistible de contacter la personne par exemple. Un peu comme une addiction… Nous y reviendrons.

Constamment, j’ai eu l’impression de lutter contre moi-même dans ces situations. Car j’étais consciente que ce n’était pas sain, que ça ne me faisait pas du bien et que ce n’était pas top pour l’autre personne non plus. Qu’est-ce que c’est épuisant d’être dans cet état de pensées obsessives et d’anxiété ! Et fatigant d’essayer de le contrôler et de le dissimuler au maximum.

Dans ma dernière expérience en date, j’ai bien mieux réussi à contrôler mes réactions et tempérer les pensées et émotions. Notamment parce que j’ai fait un coaching sentimental toute cette année (2023) et ça m’a aidée à prendre de la distance entre cette part de moi blessée qui réagit fortement, et le “moi du cœur” qui désire une relation. À chaque fois que j’ai eu ces “pulsions”, j’ai essayé de les sentir puis de me demander ce que mon cœur voulait vraiment et de réagir par rapport à lui plutôt que mes peurs.

Note : si ça t’intéresses d’avoir plus d’info sur le coaching sentimental que j’ai suivi, tu peux me contacter à [email protected].

Mais c’est difficile. Et fatigant. Et malgré tous mes efforts et ce travail, j’ai encore eu pas mal de pensées obsessives envers cette personne, y compris après que j’aie décidé de me détacher (ne plus chercher à le contacter ou à lui proposer de sorties ensemble, car il n’était pas émotionnellement disponible.

S’attacher à des personnes émotionnellement indisponibles

Ah oui, tiens, ça c’est un autre point : la plupart de ces hommes qui m’ont plus et avec qui j’ai eu ces situations étaient émotionnellement indisponibles (=pas prêt pour une relation, que ce soit parce que son cœur est engagé avec quelqu’un d’autre, ou trop blessé pour aimer, ou parce qu’il n’est tout simplement pas très intéressé) :

  1. Le premier avait 8 ans de moins que moi, vivait à 2h de route et ne ressentait le besoin de me voir ou me parler que toutes les 5 semaines à peu près (pendant que moi je ne pensais qu’à lui et rongeais mon frein en attendant qu’on se revoie) ; bon là, je pense que c’est plutôt qu’il n’était pas assez intéressé par moi (puisqu’il s’est mis en couple quelques mois plus tard avec quelqu’un d’autre) ; et peut-être que ma propre difficulté à m’ouvrir et ma peur constante de “le faire fuir” a créé quelque chose de peu fluide, ou bien peut-être tout simplement que lui n’avait jamais réussi à se projeter avec quelqu’un de mon âge, ou encore que la réalité est qu’on s’aimait bien mais que nos vies étaient très différentes et peu compatibles.
  2. Le deuxième était encore très touché par sa séparation (quelques mois avant) et semblait assez distant/fermé émotionnellement de façon générale ;
  3. Le troisième (mon coup de cœur initialement), je crois bien qu’il avait une copine (qui vivait à distance), d’après le stalking que j’ai fait en cachette (hahaha, oups) après que ça se soit terminé en eau de boudin entre nous dès la semaine suivant notre date.
  4. Le quatrième était encore très blessé émotionnellement par une ancienne séparation et en était devenu anti-couple et anti-monogamie (pour se protéger, selon moi). Mais donc pas sur la même longueur d’ondes que moi qui voulait plutôt construire, même si c’est celui avec qui il y a eu le plus d’affection et quand même un semblant de relation (mais complexe aussi du fait qu’il y avait une autre personne que moi dans sa vie).
  5. Le cinquième… je ne lui ai pas trop laissé le temps. Il vivait à 1h30 de route, il était beaucoup plus jeune que moi, je ne le ressentais pas aligné sur les mêmes objectifs de relation que moi et c’est celui avec qui j’ai le plus “pété un câble” dans mes réactions (et dont j’ai le plus honte, mais c’est comme ça…). Il avait l’air quand même assez ouvert émotionnellement mais sur le coup j’ai considéré qu’il ne “faisait pas assez” envers moi et j’ai coupé le lien abruptement.
  6. Et enfin le sixième sortait tout juste d’une séparation. Et alors que je croyais dans un premier temps qu’il cherchait à aller de l’avant, j’ai compris (en posant certaines questions) qu’il espérait en fait encore se remettre avec son ex (donc pas du tout prêt pour quelqu’un d’autre).

L’attirance pour des personnes émotionnellement indisponibles en état de limérence s’explique par le fait que la limérence naît justement de la “distance” que l’on ressent avec cette personne. Notamment parce que la limérence serait causée par des blessures émotionnelles de l’enfance liées à l’indisponibilité, d’une manière ou d’une autre, d’un parent (ou les deux). La distance et l’indisponibilité sont notre standard d’amour et c’est pour cela qu’on est attiré par ça. On en reparle plus bas !

Comment j’ai essayé de me sortir des pensées obsessives avant d’entendre parler de limérence

Suite à ma dernière expérience, j’ai essayé de me sortir des pensées obsessives comme je le pouvais. Je ne voulais pas être aussi drastique qu’avec la personne précédente, car ça ne m’avait pas fait du bien à moi. Je préférais cette fois-ci apprendre à me détacher sans sortir complètement la personne de ma vie car je suis amenée à la croiser à des événements de danse qu’on a en commun, et mon cœur n’a pas non plus le désir de me couper de cette personne que j’apprécie par ailleurs. J’ai donc plutôt : 

  1. Mis les storys Instagram de la personne en question en sourdine pour éviter qu’elles ne s’affichent d’office sur ma page d’accueil quand j’ouvre Instagram (ça n’empêche que je vais parfois les regarder de moi-même mais au moins ça ne me fait pas penser à lui à un moment où justement, je n’y pensais pas forcément) ; 
  2. Pendant quelques jours, j’ai évité de poster des storys sur Instagram pour éviter de me demander (et vérifier) plusieurs fois par jour s’il les a vues (je me sentais plus à l’aise à l’idée de faire ça que d’utiliser la fonctionnalité Instagram qui empêche l’autre de voir nos storys car je ne voulais pas qu’il le découvre et faire un truc insidieux comme ça) ;
  3. J’ai aussi essayé d’éviter d’aller sur Instagram tout court puisque le réseau en lui-même me fait penser à la personne ;
  4. Pendant ces quelques jours, j’ai essayé de me concentrer sur moi : mon travail, j’ai commencé à apprendre le piano, j’ai vu quelques personnes, mais je suis aussi restée tranquille chez moi en mode ours qui hiberne, j’ai écrit dans mon journal, j’ai fait une petite marche au soleil…

Et puis il y a eu ce soir où j’ai décidé, au lieu d’écouter un tirage de tarot avant de m’endormir (ce qui a tendance à me faire penser à la personne à chaque fois), de chercher plutôt une vidéo sur comment arrêter de penser obsessivement à quelqu’un.

Et c’est là que je suis tombée sur ce mot de “Limérence” ! (après avoir cherché “How to stop thinking about someone” sur Youtube car je sais qu’il y a plus de contenu en anglais généralement).

Limérence : qu’est-ce que c’est exactement ?

Un terme inventé par la psychologue américaine Dorothy Tennov

Le concept de “limérence”, ainsi que le terme lui-même, ont été inventés par la psychologue américaine Dorothy Tennov. Elle en parle dans son livre Love and Limerence (lien affilié) publié en 1979 après avoir mené une étude (interviews) auprès de 500 personnes au sujet de l’amour.

Le terme “limerence” n’a pas d’étymologie latine ou quoi, c’est un mot complètement inventé. Il est dit qu’il s’agirait peut-être du mix de “limerick” (une forme de poème humoristique britannique… je ne vois pas bien le lien personnellement) et “romance” (pourtant c’est écrit avec un “e” et pas un “a” – “limerence” et pas “limerance” – donc explication pas ultra convaincante à mon goût).

Le concept et le terme ne sont pas partagés par tous les psychologues. Mais comme dans n’importe quel domaine je crois… Personnellement, j’y adhère car je me suis retrouvée dans les explications et ça me fait du bien de savoir que des personnes “reconnaissent” ce problème, le décrivent et leur donnent un nom car cela m’aide moi-même à mieux le comprendre, dans l’espoir de pouvoir mieux en guérir.

Limérence : définition

N’ayant pas trouvé UNE phrase officielle qui résume le concept, voici comment je le définirais moi-même, à partir des différentes sources que j’ai lues : 

Limérence = un état dans lequel une personne qui ressent une attirance romantique pour une autre personne s’attache à l’idée – idéalisée – qu’elle se fait d’elle et développe des pensées obsessives démesurées, liées au besoin anxieux de réciprocité.

L’état de limérence est comme une addiction : de l’ordre de quelque chose qu’on ne contrôle pas, qui nous dépasse, et qui nous pousse à adopter des comportements pour apaiser nos émotions (ici, souvent : contacter l’autre, chercher à se rapprocher de lui).

La limérence peut durer des semaines, des mois ou même des années…

La personne à laquelle on s’attache est appelée “objet limérent”.

Les principales caractéristiques de limérence

#1 Désir de réciprocité

Le désir de réciprocité est à l’origine de la limérence et de plusieurs autres de ses caractéristiques.

Désir de réciprocité = être centré en priorité sur le besoin d’un amour réciproque (que l’autre nous “aime” autant qu’on “l’aime” – même si, en réalité, on ne peut pas parler d’amour à ce stade) plutôt que sur la naissance naturelle d’amour en apprenant à connaître la personne.

Dès qu’on rencontre la personne et à chaque étape, ce qui va occuper notre esprit va principalement être la question “Est-ce réciproque ? Est-ce qu’iel m’apprécie autant que je l’apprécie ? Est-ce qu’iel a envie d’une relation avec moi ?”. Comme on désire cette réciprocité, on a aussi une peur latente de “l’abandon”, c’est-à-dire de la fin potentielle de l’attention ou de l’affection.

Comme c’est cette peur qui prédomine (qu’on en soit conscient ou non), on va : 

  • Avoir cette attente de base que ce soit réciproque (et ne pas supporter de ne pas recevoir cette réciprocité, amenant peut-être à des reproches ou des réactions émotionnelles vives) ;
  • Être en quête constante de preuves de l’intérêt mutuel pour se rassurer (analysant chaque parole et chaque situation et interprétant chaque signe minime, ce qui est une forme de contrôle pour se rassurer) ;
  • Être anxieux en l’absence de signes (et potentiellement être très jaloux), même ponctuellement (au bout d’1h à peine sans réponse à son message par exemple, voire même dans les quelques minutes qui suivent).
  • Agir pour combler l’espace entre la personne et nous, et apaiser cette anxiété de non réciprocité : faire des actions pour attirer l’attention de l’autre ; maintenir un contact constant avec lui, être toujours celui qui écrit en premier, pour assouvir le besoin d’attention et le désir de proximité (car la présence de l’autre rassure et sécurise).

#2 Pensées obsessives

Pensées obsessives négatives : cette peur amène à avoir des pensées obsessives pendant lesquelles on rumine, on se demande constamment ce que pense/ressent l’autre vis-à-vis de nous, s’il va répondre, si c’est réciproque…

Ça, c’est dans le scénario négatif. Mais la même personne qui pense à tout cela peut aussi avoir des pensées obsessives positives.

Pensées obsessives positives : comme il y a ce désir de réciprocité, on a tendance à être dans le fantasme d’un amour romantique partagé. On peut alors passer beaucoup de temps à penser à l’autre et à quel point on l’aime bien, à imaginer des scènes romantiques avec l’autre, l’avenir de la relation, etc. Et ce, même si on est à un stade extrêmement précoce de la rencontre (voire qu’on ne l’a jamais rencontré, car la limérence peut avoir lieu avec des célébrités/gens qu’on voit de loin).

Les pensées positives et négatives peuvent alterner, en fonction de ce qu’il se passe par ailleurs avec la personne et des moments où la peur est déclenchée (générant les pensées négatives) ou apaisée (générant les pensées positives).

On parle de pensées “obsessives” car elles deviennent ultra présente dans le quotidien, comme une obsession dont on n’arriverait pas – ou même ne voudrait pas – se défaire. Ces pensées peuvent occuper une grande partie de notre journée, de notre attention et de notre énergie. On peut se retrouver à avoir des difficultés à se concentrer au travail, à se surprendre à rêvasser pendant de longues minutes en pleine journée, voire à mettre toute son attention sur l’autre plutôt que sur ses propres objectifs/sa vie réelle.

C’est un spectre : À noter qu’ici, le spectre peut être variable d’une personne à l’autre : personnellement, je ne me suis jamais “complètement oubliée” ou “noyée dans l’autre” en m’adaptant à ses goûts. Mais je me suis “oubliée” dans le sens où, certains jours, j’ai pu déployer plus d’énergie pour penser à l’autre que pour penser à moi et mes objectifs, au cours de ma journée. Et je me suis souciée de ce qu’il penserait de telle chose que je fais ou telle autre.

Ce qui différencie ces pensées obsessives de celles d’un simple crush, c’est à la fois leur ultra présence dans la limérence, et l’intensité des émotions liées à elle (voir ci-après).

#3 Émotions intenses et labilité émotionnelle

En état de limérence, les émotions sont anormalement décuplées. Elles peuvent être très fortes alors même qu’on connaît peu la personne.

C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai été très étonnée de remarquer avec ma dernière expérience en date. À plusieurs reprises, j’ai pleuré parce que je “savais” intérieurement que ça ne menait nulle part. Mais il y a eu ce jour où j’ai ressenti quelque chose de particulièrement intense : alors que j’étais au marché, cachant mes montées de larmes et ma mélancolie derrière mes lunettes de soleil, j’ai ressenti un tiraillement vif dans mes tripes, entre l’estomac et le nombril. Ce tiraillement arrivait par élans, souvent juste après que j’aie pensé à mon objet limérent (ainsi va-t-on l’appeler) et l’idée qu’il avait sûrement été attiré par la magnifique blonde qu’on avait vue danser à une soirée la veille. En soit, je n’en savais rien mais je ressentais une jalousie maladive (alors même que j’étais dans une situation platonique avec lui malgré notre connexion).

Autant je trouvais ça normal d’avoir pu ressentir des émotions dans le ventre quand j’avais eu une relation plus que platonique (et plus longue) avec quelqu’un et que ça s’était terminé, autant là je ne comprenais pas.

En rentrant chez moi, j’ai demandé à Chat GPT ce que pouvait être ce type de tiraillement et il m’a répondu que ça pouvait être lié à des émotions intenses. Je me suis dit que ces émotions devaient alors être liées à une blessure inconsciente de l’enfance car je n’arrivais pas à légitimer leur intensité avec mon cerveau rationnel d’adulte.

La limérence crée donc des émotions intenses.

Mais au-delà de ça, ce qui caractérise ces émotions c’est le fait qu’elles varient intensément selon la réciprocité ou non (ou les signes) des sentiments par l’autre personne.

C’est ce qu’on appelle “labilité émotionnelle” (“labile” = susceptible de subir des modifications) : l’aspect variable et soudain des émotions, dans un sens ou dans l’autre.

D’un côté, ça peut être une grande joie ou euphorie si on vient d’obtenir des preuves de sentiments partagés. De l’autre, dans le cas inverse, une grande tristesse, déception, voire désespoir.

À noter que le “cas inverse” n’est pas forcément un rejet avéré (la personne qui dirait “tu ne m’intéresses pas de cette manière”) mais peut arriver pendant tout le temps d’absence de signes et d’incertitude (que l’intérêt de l’autre soit existant ou non, ce qui compte c’est ce qu’on s’imagine entre deux preuves).

C’est un spectre : là aussi, je suppose que l’intensité des émotions n’est pas forcément la même pour tout le monde. Personnellement, je n’ai jamais ressenti d’euphorie plus forte que pour d’autres choses de ma vie. En revanche, j’ai vécu des émotions anormalement intenses par rapport à la situation, comme ce tiraillement que je décrivais.

#4 Idéalisation de l’autre et de la relation future

La limérence n’est pas de l’amour. Elle part d’une attirance romantique mais ensuite, elle extrapole très vite cette attirance en idéalisation de l’autre, avant même d’avoir avancé suffisamment dans la relation pour le connaître véritablement.

Car n’oublions pas que l’objectif inconscient ici est d’obtenir une relation réciproque, plus que d’apprendre à connaître l’autre pour voir si ça peut être un bon partenaire pour nous (et même si ça peut faire partie de notre démarche, c’est quand même le besoin de réciprocité qui prend le dessus sur le reste et génère les émotions démesurées liées).

Inconsciemment, on met donc l’accent sur tout ce qui nous plaît chez l’autre et on se passe ça en boucle, rêvant à ces belles qualités et projetant une relation future sur l’unique base de ces caractéristiques positives-là.

C’est ce qu’on appelle “mettre sur un piédestal” ou “idéaliser”. On les voit d’une façon fausse, qui exagère ce que l’on PENSE qu’ils sont. Alors qu’en réalité, une personne n’est pas que ses qualités, elle est aussi ses défauts. En refusant de voir ses défauts, on refuse donc de voir la personne telle qu’elle est vraiment et on est dans le fantasme.

C’est un spectre : J’aimerais quand même nuancer toute cette partie idéalisation. À l’extrême du spectre, certains pourraient ne pas du tout voir les défauts de l’autre et le percevoir comme “parfait”. Me concernant, j’ai vécu l’idéalisation alors même que je voyais aussi des défauts chez l’autre. Mais à la fois, je n’avais pas assez avancé dans ma connaissance de la personne pour définir si ces défauts étaient récurrents, quels étaient les autres, et si ça me gênait vraiment. Je me basais donc, malgré tout, sur une version incomplète de l’autre personne.

L’idéalisation (de la beauté physique et de l’avenir ensemble) est renforcée par la distance qui nous sépare de l’autre : son indisponibilité émotionnelle majoritairement. Mais aussi potentiellement une distance géographique (ce qui a été le cas pour moi 4 fois sur les 6 personnes citées plus haut !). Car lorsqu’on est physiquement avec la personne, on peut moins l’idéaliser puisqu’on peut être au contact de son entièreté et de ses défauts. Alors qu’avec la distance, notre rêverie prend le dessus sur ce qui est vraiment.

Différence entre limérence et béguin/coup de foudre/crush

Penser à l’autre, rêvasser… Ces éléments de la limérence peuvent faire penser à un crush/béguin/coup de foudre. Alors comment différencier les deux et savoir si on est dans un état de limérence (et ses complications psycho-émotionnelles) ou un simple crush (normal/sain) ?

Le taux d’obsession

Quand c’est juste un “crush”, on pense à la personne de temps en temps mais sans que ça devienne une obsession. On arrive à travailler et se concentrer sans penser sans cesse à la personne. On arrive à avoir une discussion avec des gens sans partir dans ses pensées au sujet de cette personne. 

Pas ce besoin assourdissant de savoir que c’est réciproque

Avec un crush, bien sûr qu’on peut aussi espérer que ce soit réciproque, ce serait chouette. Mais d’une façon non obsessionnelle. Sans que cela nous fasse ruminer 5h par jour ou nous mette dans des états émotionnels pas possibles.

Moi ça me fait penser à mes crush de collège/lycée. Je me plaisais à penser à eux, à nous imaginer ensemble. J’étais un peu triste si ce n’était pas réciproque mais sans proportion démesurée. Je ne vivais pas les états émotionnels que j’ai pu vivre ces dernières années (à 30-32 ans !).

L’intensité des émotions

On peut être un peu déçu que notre crush ne soit pas intéressé mais les émotions seront à la hauteur de la situation, pas décuplées, et pas aussi volatiles que dans la limérence où elles dépendent des réactions de l’autre.

D’où vient la limérence et comment la guérir ?

La limérence vient de besoins émotionnels non comblés dans l’enfance

Comme beaucoup de problèmes qu’on rencontre à l’âge adulte, la limérence serait causée par une blessure émotionnelle issue de notre enfance. Ici : des besoins émotionnels non comblés par nos parents. 

Et cela est possible même si, sur le papier, on a eu une superbe enfance. Car ce qui compte, c’est comment on l’a PERÇU à l’époque. Et même si nos parents nous ont donné CERTAINES preuves d’amour, cela n’a peut-être pas été suffisant par rapport à nos besoins à nous. 

Ce manque explique plusieurs caractéristiques de la limérence

Majoritairement, il s’agirait d’un manque de disponibilité émotionnelle d’un parent (ou les deux) qui nous a amené à nous sentir ignoré dans nos besoins émotionnels (pas réconforté quand on aurait eu besoin de l’être par exemple). À défaut de recevoir tout ce dont on avait besoin émotionnellement, on a pu devoir “chercher des signes” de l’amour de ce ou ces parents (s’ils étaient là), d’où notre réflexe à l’âge adulte de surinterpréter le moindre signe.

Ce besoin émotionnel non comblé va ensuite mener à l’anxiété profonde de ne pas être aimé à l’âge adulte. C’est cela qui nous pousse à avoir peur de la non réciprocité, à la chercher, à avoir besoin de preuves. Car on ne veut pas revivre cette distance, on veut se sécuriser avec la garantie de l’amour de l’autre et d’une relation où l’amour est réciproque.

Paradoxalement, la distance émotionnelle des parents crée aussi un réflexe d’attachement aux personnes inaccessibles/indisponibles. Car on a appris qu’amour = distance émotionnelle. Cette distance est donc naturelle pour nous, c’est notre zone de confort, c’est ce qui nous est familier. Or, en passant trop de temps dans de telles situations de distance émotionnelle où l’on s’accroche à quelqu’un qui nous porte peu d’intérêt (ou pas à la hauteur de ce qu’on mériterait), on entretient une faible vision de notre propre valeur (voire on la détériore à chaque expérience).

Enfin, un enfant n’envisage jamais que le problème puisse venir de son parent (qui aurait des difficultés à s’ouvrir émotionnellement ou aurait des problèmes mentaux), car c’est son référent/modèle. S’il y a un problème, il va toujours se dire que ça vient de lui-même. Le besoin émotionnel non comblé peut donc l’amener à penser que c’est parce qu’il n’est pas “aimable” / digne d’être aimé.

Cela peut nous pousser, à l’âge adulte, à rechercher un partenaire portant les caractéristiques que l’on ne se donne pas à soi-même, comme pour venir s’apporter cette valeur par l’extérieur. Selon les personnes, cette caractéristique peut être différente : beauté physique, succès, intelligence, charisme…

Là aussi, je pense que c’est un spectre : personnellement, je n’ai pas l’impression d’avoir été attirée par des partenaires PARCE QU’ils avaient telle ou telle caractéristiques. En revanche, j’ai effectivement remarqué que, pour plusieurs d’entre eux, lorsque je les trouvais très beaux physiquement, et avec un corps que je considérais “canon”, je me disais que je ressentirais comme de la “fierté” d’être avec ces personnes, d’être vue avec elles, en leur compagnie, et d’être leur copine officielle. Or, je sais aussi en parallèle que j’ai des insécurités autour de mon physique (peur de ne pas être assez jolie ou “bien foutue”). Donc là, je vois un lien…

Comment guérir sa limérence ?

Même si tout cela est lié à une blessure causée par l’enfance, il est possible de guérir de cette blessure et ainsi de stopper ces états de limérence.

#1 Traiter l’addiction

La limérence fonctionne comme une addiction : les personnes victimes d’addiction, quelle qu’elle soit, se tournent vers des substances ou des comportements qui leur donnent l’impression de combler un besoin.

Dans le cas de la limérence, le “besoin” est celui d’être rassuré de la réciprocité des sentiments. Et la “substance” sont les pensées que l’on rumine (et potentiellement ce besoin irrépressible d’agir, en lien avec ces pensées, pour obtenir la réassurance dont on a besoin).

La limérence est d’ailleurs considérée comme proche d’un Trouble Obsessionnel Compulsif (voire en être un à un extrême du spectre). Je ne l’ai pas dit plus tôt car je trouve que ce mot fait peur, paraît stigmatisant et qu’il peut être difficile d’accepter qu’on a peut-être un tel problème. Personnellement, je suis plus à l’aise à considérer la limérence comme une “addiction”.

Puisque la limérence fonctionne comme une addiction, on peut la guérir en la traitant comme telle.

1. Prise de distance avec les pensées/émotions

Lorsqu’on ressent des pensées obsessives et/ou qu’on est en train de vivre des émotions fortes liées à notre situation de limérence, on peut se distancier de l’addiction. Se dire que l’on est “en train de penser/ressentir ça” plutôt que “je suis ces pensées/émotions” : “J’ai des pensées obsessives” et pas “Je suis obsédée par quelqu’un”. Cela permet de dissocier le Soi et les pensées/émotions que l’on a. 

Ainsi, le “Soi” peut avoir de la compassion pour la part de nous qui vit ces pensées/émotions. Les considérer, les ressentir, mais tout en maintenant une forme de distance.

2. Résister au pic

Comme d’autres types d’addiction, la limérence fonctionne par courbe/pics : l’envie irrépressible de réagir face à l’insécurité/anxiété monte jusqu’à atteindre un maximum, avant de redescendre naturellement.

Quand on se trouve dans une “compulsion” liée à notre limérence (ces pensées/émotions très fortes ou cette envie d’agir par rapport à elles), on peut l’observer avec recul, remarquant que ce qu’on ressent est en train d’atteindre un pic et rester observateur en attendant que ça redescende, sans agir d’après cette compulsion.

À force de faire cet effort et cet exercice quand les compulsions arrivent, on finira par être “sevré” de cette limérence envers cette personne et elle finira par partir. Comme quelqu’un qui résisterait au fait de fumer une cigarette dès qu’il en a envie (et je parle en connaissance de cause car j’ai été fumeuse et j’ai arrêté du jour au lendemain… à plusieurs reprises car j’ai aussi fait plusieurs fois la bêtise de reprendre, parfois 12 mois plus tard…).

3. Remplacer les comportements négatifs par des comportements positifs

C’est ce qui est fait pour des addictions (par exemple, remplacer la cigarette qu’on aurait fumée par faire 15 minutes de guitare).

Ici, les comportements négatifs sont : entretenir les pensées obsessives, le fantasme, remplir notre tête de pensées liées à cette personne, et toute action générée par la peur…

Quelques idées de comportements positifs par lesquels les remplacer : 

  1. S’autoriser quand même un créneau de la journée pendant lequel on a “le droit” de penser à l’autre (sinon le cerveau risque de paniquer et de faire échouer le “sevrage”) ;
  2. Se concentrer sur des relations significatives de notre vie (membres de notre famille, amis…) et apprécier le fait qu’eux nous aiment pour qui l’on est, y compris avec nos défauts (qu’ils connaissent) : passer du temps avec eux mais aussi juste y penser ;
  3. Éliminer les déclencheurs qui font penser à la personne (comme moi qui ai évité Instagram) ;
  4. Se reconcentrer sur ses objectifs à soi : prendre un carnet et noter ce qu’on veut pour soi, ce qu’on voudrait améliorer dans sa vie ou encore comment on pourrait encore mieux prendre soin de soi, faire des choses qui nous font du bien.

***

J’aime beaucoup cette approche de l’addiction car c’est vraiment comme ça que je l’ai ressenti personnellement : ce “truc qui prend le dessus”, ce “besoin irrépressible”. Ça part de quelque chose de profond qu’on n’arrive pas à contrôler, comme avec d’autres addictions.

L’approche “sevrage” correspond d’ailleurs à ce que je me suis efforcée de faire dans ma dernière expérience : 

  • à chaque fois que je pensais trop à lui, je secouais la tête, me disais “non je ne veux pas penser à ça”, et j’essayais de rediriger mes pensées vers quelque chose qui me concernait moi ; 
  • quand je ressentais des émotions vives suite à ses réponses par message que je trouvais “décevantes” (par rapport à mes attentes d’une meilleure réciprocité), ou quand il mettait du temps à répondre, je me disais “que veut vraiment mon cœur ? Que répondrait une Isis confiante, qui n’a pas ses insécurités et qui veut connecter avec cette personne ?”

Mais honnêtement, je suis sceptique sur le fait que “résister” suffise à long terme. C’est tellement difficile de ressentir ces émotions intenses, de vivre ces pensées obsessives (qui ont été bien limitées dans ma dernière expérience mais j’en ai quand même eu). Peut-être qu’à force, effectivement, je prendrais de nouvelles habitudes de relation et j’arriverais à contrôler les pensées/émotions. Mais une part de moi n’a pas envie d’attendre la prochaine relation pour “m’entraîner”, avec le risque d’encore la rater/saboter.

C’est pour ça que je me suis intéressée à la limérence, et c’est pour ça que j’ai envie de proposer le point suivant pour guérir.

#2 Mieux comprendre la “Blessure de Négligence Émotionnelle”

En poursuivant mes recherches sur la limérence, j’ai compris que cela venait d’une blessure appelée “Blessure de Négligence Émotionnelle” (“Wound of Neglect” en anglais).

Au début, je me disais que je n’étais pas concernée car je considère que mes parents m’ont toujours aimée, me l’ont montré et que j’ai eu une superbe enfance. Mais en écoutant la description et en pensant à certains de mes souvenirs et ressentis, j’ai réalisé que j’étais finalement peut-être concernée malgré ça (on n’a pas forcément été abandonné ou maltraité pour développer cette blessure).

Je trouve que se pencher sur cette question donne des clés de compréhension de ce qui est en train de jouer et peut aider à déconstruire le paradigme de pensées/croyances/réflexes dans lequel on était enfermé.

Je compte moi-même me renseigner davantage sur cette blessure (et j’espère écrire un article là-dessus).

On m’a recommandé deux livres à lire sur le sujet (en anglais) (liens affiliés)

#3 Traiter les insécurités liées (reflet)

Si l’on reprend l’idée que ce qu’on va chercher chez l’autre est un reflet de ce dont on pense manquer, on peut identifier une de nos insécurités, un endroit où l’on ne s’aime peut-être pas assez, et essayer de le combler.

Par exemple, dans mon cas où je remarque mon insécurité vis-à-vis de mon apparence physique, je peux décider d’apprendre à aimer cette apparence telle qu’elle est, à faire des choses qui m’aident à davantage l’aimer ou me renseigner sur des moyens de guérir cette blessure-là.

***

Ces trois propositions sont des façons de chercher à guérir sa limérence par soi-même. Bien évidemment, consulter un psychologue/thérapeute peut aussi aider ! Si tu trouves quelqu’un familier avec la limérence, ce serait le mieux ! Mais ceux qui ne connaissent pas pourront t’aider, notamment avec les Thérapies Cognitivo-Comportementales (qui ont pour objectif de comprendre/modifier notre système de croyances et nos comportements).

Conclusion

J’ai été très étonnée de découvrir qu’il existait un mot pour décrire ce que je vivais, alors que je le vis depuis un moment maintenant et que personne ne m’avait jamais parlé de ce phénomène.

Les gens à qui j’en parlais me disaient que “j’idéalisais trop”, que j’avais peut-être créé un fantasme romantique du “prince charmant”, ou simplement que c’était anormal que je pense autant à la personne à ce stade de la relation, que je “réfléchissais trop”, etc. Certes, cela rejoint certains aspects de la limérence. Mais je ne me suis jamais sentie vraiment comprise avec ces retours, que je prenais comme des jugements d’une chose que je n’arrivais pas à contrôler.

À présent, grâce à ce mot de “limérence”, je me sens comprise et j’y vois une opportunité de récupérer le contrôle sur cette “addiction” qui me pourrit la vie. J’ai l’impression que cela me donne un levier pour mieux comprendre ce qui se joue, mieux l’apprivoiser, mieux le guérir, et pouvoir mieux le remplacer par les sensations et comportements que j’aimerais réellement avoir.

Affaire à suivre…

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Petit point d’attention : il est toujours délicat de s’auto-diagnostiquer, de savoir si on a véritablement un “problème”, si c’est effectivement celui-là. Moi-même je ne peux affirmer à 100% que mon cas est un cas de limérence. Mais j’en ai eu l’impression en regardant des vidéos où d’autres personnes témoignaient de leurs situations (auxquelles je m’identifiais) et où une personne spécialisée sur le sujet (mais qui n’est pas officiellement psychologue) confirmait qu’il s’agissait bien de limérence. Ainsi qu’en consultant les différentes définitions et explications de différentes personnes (dont un cabinet de psychologie et un site spécialisé en psychologie). Et aussi parce que je connais l’intensité des pensées et des émotions que j’ai pu ressentir, que moi-même je les trouve anormales (et désagréables) et que c’est aussi le retour que j’ai eu d’amis et d’une coach spécialisée en amour et relations.

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Sources consultées pour écrire cet article : 
Limerence Explained | How to stop obsessively thinking about someone
LIMERENCE: To Heal Obsession, Heal Wounds of Neglect
LIMERENCE Flourishes When Grief and Loneliness Are Filling Your Life
https://www.psychologue.net/articles/limerence-la-maladie-de-lamour
https://fr.wikipedia.org/wiki/Limerence
https://english.stackexchange.com/questions/472573/whats-the-etymology-of-limerence
https://www.psychologue.net/articles/limerence-la-maladie-de-lamour
https://www.doctissimo.fr/psychologie/relation-amoureuse-et-psychologie/couple/ruptures-amoureuses-et-si-elles-etaient-dues-au-phenomene-de-limerence/492e12_ar.html

Image de couverture générée par IA.

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