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Fondatrice de “Au Bonheur des Zèbres” et Slasheuse | Témoignage de Flora Clodic-Tanguy (Portrait n°7)

Portrait Flora Clodic-Tanguy

Flora Clodic-Tanguy est “slasheuse”. Elle cumule aujourd’hui deux grands types d’activités : des activités freelance liées à la communication / [slash] le projet “Au Bonheur des Zèbres”. Mais sa posture de slasheuse n’a pas toujours été assumée. Après plusieurs expériences professionnelles, Flora connaît son moment de bascule vers une vie de slasheuse assumée en 2016. Depuis, elle se sent bien dans cette vie de slasheuse, qu’elle voit comme un mode de vie et une manière de s’épanouir.

J’ai rarement été mono-tâche”, me dit Flora lors de notre interview. “Je ne suis pas une spécialiste mais une bonne généraliste. Quand un sujet me plaît, que je trouve une mission avec un centre d’intérêt que j’aime, je creuse bien et vite, mais je suis pas une spécialiste.

J’ai toujours eu une approche pluridisciplinaire. Dans mes choix, dans les sujets que je traite. Ca a commencé dès mes études. Je ne voulais pas choisir. Alors j’ai fait une licence en sociologie / économie / sciences politiques / sciences humaines. Ce n’est pas anecdotique, ça sert de base à ma réflexion aujourd’hui. “

La transition de Flora Clodic-Tanguy vers une vie assumée de “slasheuse”

Naissance du slash chez Flora Clodic-Tanguy

2011 – 2013 : pendant ses débuts comme “journaliste”, Flora se pose des questions sur son avenir professionnel

Flora se professionnalise en “journalisme” grâce à un contrat de professionnalisation dans un grand groupe de presse parentale.

En 2011, après un Master en Solidarité et Actions Internationales, elle passe deux ans en certification professionnalisante en journalisme (presse écrite et web).

“J’ai toujours eu envie d’être journaliste.”

La certification se fait en contrat de professionnalisation. Elle réalise cette première expérience de journalisme dans un grand groupe du domaine de la presse parentale.

“Le sujet ne m’était pas familier. Ca m’a servi à savoir qu’un journaliste n’écrivait pas que sur des sujets qui l’intéressait.”

En parallèle, Flora découvre des écosystèmes alternatifs qui lui plaisent et commence à se poser de nombreuses questions sur son avenir professionnel

A cette même époque, Flora découvre des écosystèmes “alternatifs, notamment celui de l’économie collaborative (Ouishare, Makesense).

Elle commence à être de plus en plus présente aux événements, rencontre du monde, et même quelqu’un qui aimerait travailler avec elle pour une mission en communication.

Je me suis demandé : est-ce que je veux être indépendante ou pas ? Est-ce que je veux être journaliste ou travailler dans la communication (ma cliente me considérait comme “communicante”) ?

“Une fois la certification terminée, je pensais que je devais choisir : journaliste ou communicante ; freelance ou salariée ; sujets qui me bottent ou qui m’ennuient. J’avais une vision un peu binaire. Et je me coulais en essayant de trouver la réponse à ces questions.”

2013 : Flora tente une expérience en freelance

Sous le statut “d’entrepreneure-salariée”, Flora rejoint la coopérative d’activité et d’emploi “Port Parallèle”. Elle teste alors de se développer sur une activité de freelance, autour de plusieurs activités liées à la communication (community management, stratégie digital, création de contenu…).

Finalement, elle a du mal à faire rentrer suffisamment d’argent pour rester dans la coopérative et la quitte.

2014 -2015 : Flora travaille comme journaliste plateau pour l’émission “C Dans l’Air” et connaît des prises de conscience

“J’ai trouvé un remplacement d’été chez “C Dans l’Air”, une émission de qualité qui existe depuis quinze ans -une des rares que je regardais encore. Le remplacement a bien marché. Ils m’ont rappelée quand une collègue est partie en congé maternité et j’ai fait la saison entière, d’octobre à mars.”

Flora prend conscience qu’elle souhaite faire de la stratégie digitale plutôt que de la “hard news”

Pendant qu’elle travaille chez C Dans l’Air, il y a les attentats de Charlie. “C’était la première fois que je me retrouvais dans l’oeil du cyclone dans l’équipe de rédaction. Ici on connaissait Bernard Maris, il était sur le plateau une semaine avant.”

Flora a alors une prise de conscience : “On devait faire notre boulot tout en ayant les yeux rougis de tristesse. Ca a remis en question la manière dont je voulais traiter les questions. Je me suis dit que la “hard news” (actualité brûlante, en opposition aux réflexions de fond), c’était pas pour moi. Pas sans faire de conception digitale en tout cas.”

Les crises écologique et terroriste donnent envie à Flora d’aller explorer ce qui s’est passé dans la société

“J’avais déjà eu une prise de conscience écologique. Depuis plusieurs années, j’étais de plus en plus investie. Ca fait cinq ou six ans que je ne mange plus de viande.

Quand Flora vit de près les attaques terroristes, elle a une nouvelle prise de conscience :

“J’ai eu envie d’aller explorer, comprendre ce qui s’est passé dans la société pour qu’on en arrive à un truc pareil.

Flora découvre le monde du media digital et se dit que c’est là-dedans qu’elle veut travailler

Un jour, elle gagne des places pour le “Media Lab Session”, un genre de hackathon “Média” alors qu’elle ne connaît pas bien le monde du digital : “Je n’avais jamais twitté avant. Et là j’ai découvert des tas d’acteurs médiatiques du monde digital que je trouvais inspirants. Je me suis dit « C’est là que je veux être ».”

2015 : Flora réalise qu’elle ne veut pas à tout prix travailler dans un grand média et rejoint un projet associatif

C Dans l’Air lui propose un mi-temps. Elle, réalise que travailler dans un grand média n’est pas une fin en soi pour elle, et décline la proposition. “Je décide de ne pas retourner travailler dans un grand média. J’ai l’opportunité de travailler sur le projet “Place To B”, un projet associatif sur le storytelling et le changement climatique).”

Ainsi, Flora se retrouve dans cet écosystème alternatif qu’elle avait découvert un peu plus tôt.

Elle a alors l’opportunité de retrouver ce monde du digital pour lequel elle avait eu un coup de coeur, en travaillant sur des métiers “web” : “Je deviens leur Community Manager puis la Responsable Editoriale du site.”

2016 : c’est le moment de bascule de Flora : elle prend conscience qu’elle veut être slasheuse et se lance en freelance avec plusieurs activités

Début 2016, Flora est embauchée par un partenaire du projet Place To B mais se rend compte que sa place est ailleurs

Après Place To B, Flora enchaîne avec un boulot dans une agence de communication solidaire, partenaire du projet Place To B.

En parallèle, elle rencontre la communauté “Les 100 Barbares”. Après un weekend d’accélération des projets avec eux, elle se sent comme un poisson dans l’eau.

Flora se dit alors qu’elle ne peut pas rester dans ce nouveau boulot qu’elle a trouvé. Elle le quitte donc à la fin de sa période d’essai.

Flora assume sa position de slasheuse et se lance comme freelance

En quittant ce boulot, Flora adopte une nouvelle posture :

“Ca a été le vrai moment de bascule.

“Déjà, pendant l’année sur Place To B, j’ai mûri et ai accepté que tout le monde n’allait pas comprendre ce que je faisais. On a souvent besoin de mettre les gens dans des cases pour se rassurer, et moi je rentrais difficilement dans une seule catégorie avec tout ce que je faisais.

“Quand je quitte l’agence, je suis dans une posture où j’assume de faire toutes ces choses-là. C’est justement ça qui me donne de la valeur : de la conception stratégique à la réalisation à travers la création de contenu, la couverture numérique d’événements, l’animation de communauté, et la découverte plus récente du crowdfunding.”

Elle se lance donc officiellement en freelance avec toutes ces activités.

“A ce moment-là, je commence à accepter ma situation et à trouver des missions plus variées. Je me pose moins ces questions de posture et de choix, car ma posture c’est d’affirmer “Moi je fais tout ça”.”

“Le fait d’avoir dit : voilà tout ce que je sais faire, les gens viennent me chercher pour ce qui fait sens pour eux au regard d’où ils en sont.”

Flora rédige et publie son “Manifeste d’une slasheuse heureuse” pour revendiquer cette façon de travailler

A la fin de cette année-là, Flora écrit le “Petit manifeste d’une slasheuse heureuse (c’est suite à sa lecture que j’ai contacté Flora pour lui proposer cette interview :)).

J’ai posté cet article à un moment où j’avais besoin de revendiquer cette manière de travailler. C’était une manière d’écrire un CV pour dire : « Lâchez moi la grappe. Je ne suis pas spécialiste d’un seul sujet/métier, j’en ai plusieurs. Oui je sais que je n’ai pas un parcours classique, oui ce n’est pas toujours facile à suivre si on voit juste passer un post ou deux sur les réseaux. Mais à mes yeux il y a une vraie cohérence. Ce n’est pas un non-choix, c’est un choix.”

Flora poste un autre billet de blog – “Au Bonheur des Zèbres” – qui va avoir un fort impact sur la suite

Flora est un “zèbre”, mot utilisé pour désigner des personnes dites à “haut potentiel”. C’est un peu le plus joli et moderne mot pour “surdoué”. Curieuse de connaître la vision du bonheur des autres adultes “zébrés”, elle entame une série d’interviews, qu’elle retranscrit sur son blog et intitule Au Bonheur des Zèbres.

2016-2017 : Flora vit entre Paris et Lisbonne et certains projets prennent plus d’importance

Le Portugal : faire un pas de côté

A l’été 2016, Flora part au Portugal pour “faire un pas de côté”.

“A ce moment-là, j’ai quelques missions récurrentes mais pas des masses. Je décide de partir au Portugal. J’ai envie de prendre l’air, de voir du pays, de faire un pas de côté.

“Je me posais des questions sur le freelancing : dans quel milieu évoluer ?

“Le fait de partir était une chance que je m’offrais de vivre dans un autre cadre, d’apprendre autre chose, d’apprendre une autre langue.”

Au Bonheur des Zèbres devient une communauté et un projet de livre

Pendant ce temps, son billet de blog Au Bonheur des Zèbres #1 fait écho chez ses lecteurs. Une communauté se forme autour de ce sujet et l’idée d’écrire un livre se développe (sortie prévue à l’été 2018).

Flora réalise une grosse campagne de crowdfunding, qui devient peu à peu une nouvelle corde à son arc

“Finalement, partir a accéléré le fait de trouver un travail ici : j’ai commencé une grosse campagne de crowdfunding pour le projet “Hermitage”. Plus de 102 000 euros ont été récoltés. Puis je me suis occupée de la campagne de crowdfunding de Jungle Bus.

“Quand tu ouvres des portes, il y a des choses qui se passent que tu n’avais pas prévues. Je me disais “Je ne sais pas ce que ce pas de côté va m’apporter mais ça va me faire du bien”. Je n’avais pas borné dans le temps. Je me suis dit : je pars et je verrai les opportunités qui viennent ou pas.

Septembre 2017 : retour à Paris et mi-temps

En septembre 2017, Flora rentre à Paris et travaille à mi-temps pour “Reboot”, un projet multi-acteurs financé par la BPI pour réinventer le campus de demain.

2018 : Flora se positionne sur deux piliers d’activités

Activités de freelance

D’une part, Flora travaille en freelance, sur plusieurs métiers de la communication :

  • Accompagnement de campagnes de crowdfunding
  • Création de contenu
  • Couverture numérique d’événements
  • Animation de communauté

Le projet Au Bonheur des Zèbres

Il s’agit au départ d’un projet personnel. Mais, petit à petit, il devient professionnel :

  • Soirées : Flora organise des soirées “Au Bonheur des Zèbres” ; la première a eu lieu en janvier 2018 à Paris ; depuis mars 2018, les événements ont également été lancés à Bruxelles
  • Conférences : Flora a été invitée à participer à sa première conférence -“Surdouessence”- en avril 2018

Flora a fait du slash son mode de vie et intègre son bonheur personnel dans l’équation

Pour Flora, le slash n’est pas qu’un mode de travail mais un mode de vie

“Le slash est plus qu’un mode de travail, c’est un mode de vie dans lequel je jongle entre plusieurs activités pas toujours rémunératrices : il y a à la fois les projets freelance, personnels et les centres d’intérêts à côté.

“Je suis passionnée d’ornithologie (étude des oiseaux). Ca me paraît aussi important de prendre deux heures pour aller observer les oiseaux dans la nature que de travailler, car ça m’aide à être moins stressée.

Le côté “bonheur” est un fil que j’ai tiré et c’est devenu une pelotte. Je l’intègre dans mon emploi du temps, qui déborde parfois un peu trop. A mon sens, il n’y a pas le travail d’un côté et le reste de la vie de l’autre. Je n’ai jamais voulu « faire carrière ». Ce n’est pas une fin en soi pour moi. Je cherche une cohérence entre vie professionnelle et vie personnelle. Tout n’est pas imbriqué mais il y a une cohérence et des ponts.

“Cette vision intégrative, je ne l’avais pas avant. Et c’est cet ensemble-là que les gens ont du mal à appréhender. ”

Son challenge : trouver des revenus tout en gardant du temps pour ses projets moins rémunérateurs qui la rendent heureuse

Faire comprendre ce qu’elle propose en freelance

Mon expertise, c’est de croiser les expertises. Je ne suis pas Community Manager, je fais du community management. Car mon travail c’est de développer l’image de marque : comprendre ta communauté et faire en sorte qu’elle corresponde à tes valeurs.

“Par exemple, j’ai travaillé sur la campagne de crowdfunding d’un documentaire sur la transition alimentaire, “Food Transition”. On a récolté 103 000 euros. Ca rentre dans le cadre de mon travail car il faut travailler sur l’influence et le réseau. ”

Mettre ses compétences au profit de projets qui ont des valeurs qu’elle a envie de défendre

“Pour l’instant, je veux continuer à mettre mes compétences au service de projets qui ont des valeurs que j’ai envie de défendre.

“Si je les mettais au service d’un projet qui n’a pas de sens, je serais beaucoup moins bonne dans ce que je ferais. Les gens savent que si je suis convaincue par un projet (car il a un impact social/environnemental), je vais être beaucoup plus engagée et impliquée.

“Je ne travaille pas pour des clients avec qui je ne partage pas un minimum de valeurs communes, c’est un critère de choix.”

Trouver un modèle économique pour Au Bonheur des Zèbres, qui soit fidèle à ses valeurs

“Une de mes questions principales est : comment je structure, comment je trouve un modèle économique fidèle aux valeurs qui m’ont poussées à créer cette communauté ?

“C’est également : comment je fais pour rentrer suffisamment d’argent pour avoir le temps de faire d’autres choses que le travail : voyager, aller voir les gens que j’interviewe, prendre le temps d’avoir d’autres passions, bouquiner…”

What’s next ?

“Pour l’instant, je décide que ma priorité c’est d’écrire le livre, de savoir ce que je vais faire d’Au Bonheur des Zèbres, de continuer à travailler pour des projets qui ont des valeurs que j’ai envie de défendre.”

Slasheuse : Les avantages que Flora Clodic y trouve

Les avantages du slash selon Flora Clodic-Tanguy

Liberté de choisir ses clients et les conditions de son travail

“Ce mode de travail m’offre la liberté de travailler pour des gens que je choisis, avec des contraintes que je choisis, dans le cadre que je choisis et que je peux aménager avec eux.

“J’essaye de construire des relations de partenariats plutôt que client/prestataire. Parfois, c’est juste une différence de posture.”

Variété de sujets

“Le slash m’apporte une variété dans la forme et dans le type de sujets sur lesquels je travaille”.

Liberté d’arrêter un projet

“Si une activité ne me convient pas ou s’arrête, je la remplace autrement. Par exemple, quand j’ai quitté mon mi-temps, je ne l’ai pas transformé en nouveau mi-temps.”

Liberté de creuser un sujet

Exemple 1 : le crowdfunding

“Ca me donne la liberté de creuser certains sujets et d’ajouter une corde à mon arc. Ca me permet, si je trouve un fil intéressant à creuser, de le creuser. C’est comme ça que ça s’est passé pour le crowdfunding : on m’a proposé de venir faire ça parce qu’on me connaissait. J’ai trouvé ça passionnant de décortiquer les mécanismes de campagne. Ca fait presque un an qu’on a fait la campagne de crowdfunding de l’Hermitage et on m’en parle encore.

Maintenant j’aide quelqu’un en Belgique pour accompagner des étudiants en journalisme à financer leurs reportages, via le crowdfunding.”

Exemple 2 : le scribing

“Aujourd’hui je fais du “scribing” (prendre des notes d’une discussion en temps réel dans une représentation graphique, pour faciliter la discussion). Pour l’instant, il n’est pas question de le transformer en opportunité professionnelle, mais ça m’aide à aller plus vite dans mon travail. Ca m’aide à améliorer ma capacité à synthétiser. Ces choses que je fais à côté du travail finissent toujours par me servir d’une manière que je n’avais pas toujours prévue.”

Exemple 3 : Au Bonheur des Zèbres

“C’est aussi ce mode de vie professionnelle qui a permis à Au Bonheur Des Zèbres de se développer. Ca aurait pu n’être qu’un billet de blog. Mais j’ai tiré les fils, j’ai décidé de partir rencontrer les gens, de laisser de la place pour ce projet. C’est important de s’écouter et de faire de la place aux sujets qui sont importants pour nous, y compris s’ils ne sont pas professionnels.”

Slasheuse : la précarité financière est la principale contrainte que Flora Clodic y trouve

“La liberté et la variété sont plus importantes que la sécurité. La question financière m’inquiète, elle est importante, mais elle passe après mon besoin de sens.

“Je ne mets pas d’argent de côté mais si j’ai envie de partir quatre jours travailler à distance ou d’aller travailler au vert, j’y vais.

“Je peux le faire maintenant car je n’ai pas de vie de couple, pas d’enfants (mais il y en a qui le font même avec ça).

Slasheur : la définition de Flora, qui le vit de l’intérieur

Définition du "slash" selon Flora Clodic-Tanguy

“J’ai découvert le mot car on car on commençait à en parler pas mal. C’était pas valorisé avant et ça le devient.

“Etre slasheur, ça veut dire avoir plusieurs activités, pas toujours reliées les unes aux autres, qu’on exerce dans un cadre professionnel, mais pas que.

“Il y a cette dimension de ne pas rentrer dans une seule case, de ne pas se coller une seule étiquette. C’est ça qui me plaisait car je ne me reconnais pas dans une étiquette. Je trouve des formules. Par exemple : “Agrégatrice de Tribu”. Ce n’est pas un métier mais ça représente ce que je fais sur plusieurs aspects. “Raconteuse d’histoires”, ou mon préféré “Curieuse Optimiste”.

“Ca me permet d’assumer que mon activité professionnelle est le reflet de ce que je suis. C’est important pour moi car ça me permet d’être cohérente, plus transparente. Les gens qui me contactent n’ont pas de surprises.”

Slasheur : les conseils de Flora Clodic pour se sentir bien dans ce mode de travail

Le désir de liberté doit primer sur le besoin de sécurité

“Si la sécurité est plus importante que la liberté, il ne vaut mieux pas faire ce choix-là, car au moindre truc qui ne se passe pas comme prévu, tu risques de mal le vivre.”

Ecouter son intuition

“Un truc qu’on ne dit pas assez dans le milieu professionnel (et qu’on cantonne au rayon “développement personnel”): écouter son intuition.

“Il y en a qui reprochent à ça d’être cul-cul. Mais, moi, les moments où je me suis plantée, ce sont les moments où je ne me suis pas écoutée. A l’inverse, là où j’ai eu les plus grandes surprises, c’est quand je me suis dit “Je ne sais pas où ça va m’amener mais je dis oui”.

“Ca n’empêche pas de se renseigner, de faire les choses de façon professionnelle. Mais on a tendance à ne pas écouter notre corps à des moments où c’est important pour notre tête.”

S’interroger sur le sens qu’on veut donner à sa vie professionnelle

“Il faut s’interroger sur le SENS qu’on veut donner à sa vie professionnelle, avant de choisir une FORME (comme le slash).”

Pour conclure ce beau portrait…

Ce dont je me suis rendue compte en discutant avec Flora, c’est que le slash peut avoir différents niveaux. Pour Flora, on peut voir un premier niveau où elle s’adresse à :

  1. Des professionnels qui ont besoin d’un accompagnement en communication
  2. Des particuliers qui se sentent “zèbres”

On peut descendre d’un niveau et voir que, dans son activité de freelance, Flora exerce différents métiers : community management / création de contenus / animation de communauté…

Et je suis sûre qu’on pourrait continuer longtemps comme ça. On pourrait dire qu’au sein de la création de contenus, Flora fait à la fois de la rédaction d’articles et du scribing par exemple. Puis dans le scribing, elle fait à la fois de la “Graphic facilitation” et du “Graphic Recording”. Mais là on se rend compte qu’on est à un niveau de détail où ça ne parle qu’à ceux qui connaissent déjà bien ce métier.

Je crois que, quand on parle de slash, on pense surtout au premier niveau. Les niveaux suivants sont davantage des panoplies de compétences dont on se sert dans l’optique de réaliser l’une des activités.

Et, même si on parle de “slash” comme s’il y avait une réelle barrière, il existe en principe un fil rouge entre les activités choisies.

Je me suis aussi rendue compte, en écrivant le titre de l’article, qu’il n’est pas évident de regrouper tout ça dans des mots simples. J’ai utilisé le mot de “communicante” alors que moi-même, il y a quelques temps, je ne voyais pas ce que ça voulait dire. Et pour cause, ça peut englober BEAUCOUP de métiers et d’activités.

D’ailleurs, Flora ne se donne pas ces noms de slash-là. Comme évoqué dans l’article, elle préfère dire qu’elle est Curieuse Optimiste / Plume Raconteuse d’Histoire / Agrégatrice de Tribus / Corwdfunding Lover. C’est plus poétique. Mais pas forcément plus clair pour comprendre ce qu’elle fait en un coup d’oeil.

Il n’y a pas à dire, si on veut comprendre ce que fait un slasheur, il vaut mieux s’intéresser un peu plus au détail que juste à son titre de profil Linkedin 🙂

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