SlashTémoignage

[Vidéo] Slasheuse : Standardiste / Vendeuse à Domicile de Bijoux | Interview de Julie Vérune

Publié
Interview de Julie Vérune, slasheuse : Standardiste / Vendeuse à Domicile de Bijoux

Quand je préparais l’article Trouver son Modèle Economique (Etape 3 de ma méthode ikigai), j’ai découvert le modèle économique “VDI” (Vendeur à Domicile Indépendant). En essayant de comprendre de quoi il s’agissait, je me suis rendu compte que c’est ce que faisait ma cousine. Et en repensant à ce que je savais de ma cousine, je me suis rappelée qu’elle travaillait aussi à l’hôpital, et que ça faisait donc d’elle…une slasheuse. J’ai donc profité du mois que j’ai passé chez mes parents à Montpellier pour lui rendre visite à Frontignan et l’interroger sur son mode de vie de “slasheuse”.

[Début de l’interview]

Clique pour voir l’interview en version vidéo :

Clique pour écouter l’interview en version Podcast :

 

Quel était ton travail à l’hôpital et pourquoi avais-tu choisi ce travail-là ?

LesNouveauxTravailleurs : Bonjour ! Aujourd’hui je suis avec Julie, qui est ma cousine. Ces jours-ci je me suis rendu compte qu’elle était slasheuse : pendant un certain moment, elle a travaillé d’un côté dans un hôpital et comme vendeuse de bijoux à domicile. Donc je suis venue jusqu’à Frontignan demander à Julie de nous raconter un peu cette période-là de sa vie, ses difficultés et ce qui était cool aussi dans ce mode de travail-là.

Je propose qu’on commence toute de suite avec la première question pour Julie : Est-ce que tu peux commencer par nous dire quel était ton travail à l’hôpital, et pourquoi tu avais choisi ce travail-là.

Julie Vérune, Slasheuse : J’ai travaillé pendant douze ans à l’hôpital de Sète en tant que standardiste et hôtesse d’accueil. J’ai eu un premier enfant, puis j’ai repris à temps plein mon activité. Après mon deuxième enfant, j’avais repris à 80%. Et à mon troisième garçon, j’ai voulu reprendre mon activité à l’hôpital mais qu’à mi-temps. Evidemment, financièrement parlant, un mi-temps à l’hôpital ne me suffisait pas à vivre. Donc j’ai cherché une activité parallèle, parce que j’avais envie d’un épanouissement. Puisqu’à l’hôpital, je vais dire que ça me plaisait, mais ce n’était pas vraiment ce qui me plaisait de faire “à fond”, donc j’avais envie de m’éclater ailleurs. Et j’ai entendu parler de la vente à domicile. Et que justement c’était la possibilité de jongler avec un autre job, de vraiment préparer son propre planning. Et ça, ça m’intéressait beaucoup parce qu’à l’hôpital je suis contrainte de faire des weekends, des jours fériés, des horaires comme les infirmières, c’est-à-dire quasiment en 3-8. Je ne fais pas de nuit, mais 6h-13h30, 13h30-21h, et 9h-17h. Avec un planning fait au mois. Donc je n’aurais pas pu aller dans un milieu avec des toujours les mêmes horaires. Il fallait que je puisse moi-même faire mon planning. Donc la VDI c’est tombé pour moi comme une évidence.

Et comme je suis totalement addict de tout ce qui est mode, bijoux, vêtements, je me suis tournée vers ça. J’ai trouvé une société de bijoux française chez qui j’ai été pendant plus de six ans. Ca collait super bien, parce que dès que je ne travaillais pas un weekend à l’hôpital, je pouvais prendre une vente de bijoux parallèlement. Financièrement parlant, ça allait à peu près. Il y avait de très bons mois, et des mois plus légers on va dire. Mais j’avais la stabilité de l’hôpital, avec un salaire qui tombe régulièrement. Et après donc, j’avais mon à-côté de bijoux, où j’étais vraiment dans mon environnement, où je m’éclatais. Donc c’était  bien, parce qu’il y avait deux choses totalement différentes. Et ça collait bien aussi avec mon environnement familial.

LesNouveauxTravailleurs : Et à l’hôpital, concrètement, c’était quoi ton boulot ? [Julie l’avait déjà dit en début d’interview, mais je n’avais pas intégré hihi]

Julie Vérune, Slasheuse : Standardiste-Hôtesse d’accueil. L’avantage que j’avais c’était de pouvoir porter les bijoux que je présentais en vente. Je pouvais les porter sur mon lieu de travail. Je n’étais pas en blouse. Et puis un poste d’accueil (visible), donc c’était bien au niveau pub aussi, c’était pas mal !

Comment fonctionne le métier de VDI (Vendeuse à Domicile Indépendante) ?

LesNouveauxTravailleurs : Est-ce que tu peux raconter maintenant le côté VDI (Vendeuse à Domicile Indépendante) ? Comment ça fonctionne ce type de métier : combien vous étiez, comment ça fonctionne, et jusqu’où tu es montée dans ce fonctionnement ?

Julie Vérune, Slasheuse : Dans la vente à domicile, on est son propre “patron”, puisqu’on s’adapte aux horaires de nos clients. On est comme une boutique ambulante. On va soit chez nos clientes, soit sur leur lieu de travail. On peut aussi faire des comités d’entreprise en semaine, et présenter nos bijoux. Ca existe aussi pour les vêtements, les produits de beauté, etc. Moi je me suis vraiment affectée aux bijoux. Donc on va sur le lieu de travail. Ca a un côté sympa aussi pour les personnes, ça leur fait une petite pause, une distraction. Et après moi j’appelais ça les “Apéros bijoux”, chez mes clientes, le weekend. Principalement le vendredi soir parce que du coup les maris vont au sport, et les nanas se retrouvent entre elles, donc ça a un côté sympa.

On a modernisé vraiment ce principe-là. Parce que ça date, c’est Tupperware qui a inventé ça il y a longtemps. Et du coup on n’a rien inventé mais on a modernisé avec tout ce qui est bijoux, sex toys…C’est vraiment devenu quelque chose qui se fait beaucoup et qui n’est pas du tout ringardisé comme ça a pu l’être à une époque. Donc moi j’arrive avec mes sacs, mes présentoirs, je m’approprie la maison de ma cliente. J’ai toujours eu des gens qui m’ont ouvert leur porte de façon super sympathique. Et donc je m’installe. Je mets une demi-heure, trois-quarts d’heure à m’installer. Et après les invitées arrivent. E alors c’est vraiment festif, parce qu’on a un échange au niveau conseil mode, etc. Et puis le moment où les filles passent leurs commandes. La cliente qui me reçoit en hôtesse gagne des bijoux en conséquence de la vente. Et après on boit un coup, on sympathise. Bon moi je reste souvent…Mais ça fait partie de la comm’ aussi, de l’échange qu’il y a entre la cliente et moi, pour lier quelque chose de plus que si elle allait dans un magasin. C’est vraiment le contact humain qui va rentrer en compte pour qu’on reste en contact. Parce que moi ce que j’espère c’est qu’après elle va me diffuser son réseau. Et après faire des petits : aller chez les unes et chez les autres. Le but c’est de partir d’une vente avec une, voire deux, voire trois de programmées, pour que j’aie vraiment un planning qui continue. Donc heureusement que les bijoux se renouvellent, pour pouvoir à chaque fois proposer des nouveautés. Surtout dans ma nouvelle marque, qui est Stella & Dot, où il y a un renouvellement permanent de la marque, pour pouvoir leur montrer quelque chose de nouveau tout le temps. Parce que si je leur montre tout le temps la même chose, ça ne va pas aller.

Qu’est-ce qui a été compliqué pour toi dans ce mode de travail de slasheuse ?

LesNouveauxTravailleurs : On va revenir justement sur l’ancienne marque, la nouvelle marque, le pourquoi. Avant qu’on passe à ça, dans ce fonctionnement où tu avais deux activités, qu’est-ce qui a été compliqué pour toi dans ce mode de travail, ce mode de vie ?

Julie Vérune, Slasheuse : Ce qui a été compliqué c’était la gestion du planning justement. Parce qu’à l’hôpital j’ai un poste indispensable, dans le sens où on n’est que cinq à savoir faire fonctionner ce fameux standard. Et on a tous les numéros en tête, etc. Donc on ne peut pas improviser. On ne peut pas faire comme dans un service soignant où on prend une infirmière d’un service de pédiatrie et la mettre en cardio. Même si ce ne sont pas les mêmes personnes du tout, ni les mêmes âges, ça reste du domaine médical, donc elles peuvent switcher d’un service à un autre. Alors que nous, au standard, on est une petit équipe. Et du coup cette petite équipe sur l’hôpital, il n’y en a pas d’autres. On ne peut pas en rajouter d’un service à un autre. Ca ne s’improvise pas. Du coup, quand il y a un arrêt maladie de dernière minute, quelqu’un qui ne peut pas venir, je suis appelée. Même si je suis en repos ou en congé, je vais être appelée par ma direction, et je suis obligée d’aller sur mon poste de travail. Et du coup la difficulté que j’ai rencontrée c’est d’avoir une vente de programmée, et en même temps ma direction qui m’appelle et qui me dit qu’il faut que je vienne travailler à l’hôpital. Je ne vais pas pouvoir faire les deux et je vais être obligée d’annuler ma vente pour aller à l’hôpital. Parce qu’à l’hôpital, j’ai signé un accord (enfin je n’avais pas le choix non plus) comme quoi j’acceptais d’être appelée si besoin pour nécessité de service. C’est quelque chose d’obligatoire, je suis obligée d’aller à mon poste de travail remplacer.

Après, les difficultés que j’ai c’est quand je travaille en weekend, jusqu’à 21h par exemple, je ne peux pas prendre de vente ce jour-là. Je suis bloquée par mon weekend à l’hôpital. Alors comme je suis à mi-temps, je ne fais qu’un weekend par mois. Mais il n’empêche que ce weekend-là, si on me propose une vente ce jour-là, je suis obligée de la refuser, parce que justement j’ai l’hôpital qui me bloque. Du coup, voilà, les horaires un peu compliqués de l’hôpital me bloquent parfois pour prendre mes ventes.

Tes deux activités de slasheuse t’ont-elles permis d’atteindre le niveau de revenus dont tu avais besoin ?

LesNouveauxTravailleurs : Est-ce qu’en mettant en place ces deux activités, tu as réussi à atteindre le niveau de revenus dont tu avais besoin (surtout du fait d’avoir trois enfants). Est-ce que ça s’est fait dès le début ou ça a été progressif ?

Julie Vérune, Slasheuse : Ca a été progressif parce que la vente à domicile c’est en dents de scie. Il y a des mois qui marchent très très bien, et il y a des mois qui ne marchent pas du tout. Donc si j’équilibrais sur l’année, avec le recul que j’ai sur mon ancienne marque, ça allait bien. En plus j’étais manager d’équipe, ça veut dire que j’étais commissionnée sur leurs propres ventes. Donc j’arrivais à avoir un équilibre financier correct. Mais dans lequel j’étais épanouie, donc ça c’est quand même vachement important, de travailler dans quelque chose qui nous plaît. Moi j’adorais ça. J’étais leader de ma société. Et du coup j’avais un épanouissement. Ce qui fait que, le côté financier, ça allait à peu près. Je pense qu’on ne peut pas être uniquement VDI. Je pense qu’il faut absolument avoir une activité en parallèle pour avoir un salaire correct. Après quelqu’un qui n’a pas d’enfants, pas de crédit, peut-être qu’on peut s’en sortir. Mais bon moi, dans ma vie de mère avec trois enfants, je ne pouvais pas m’en passer. Ni de l’un ni de l’autre.

Que veut dire être “leader” d’une société en VDI ?

LesNouveauxTravailleurs : Il y a un truc que Julie ne nous dit pas : elle dit “leader”, mais ce n’est pas très parlant je trouve. Est-ce que tu peux expliciter ce que ça veut dire être “leader” d’une société en VDI ? Et concrètement, ça voulait dire quoi pour toi ?

Julie Vérune, Slasheuse : Dans mon ancienne marque, on était 250 vendeuses. C’était uniquement une société qui se diffusait en France. Pendant six ans, j’ai été la numéro un des vendeuses de cette marque-là, donc ça veut dire que j’avais le meilleur chiffre d’affaires pendant six ans. Ce qui implique que je gagnais des voyages. C’était une super carotte pour moi. Je reconnais que vraiment, c’est ce qui me faisait avancer, et ça me donnait envie de continuer sur cette voie. J’adorais ça, j’avais réussi à me faire un super réseau de clientes autour de moi, et pas que, car j’ai quand même fait pas mal de kilomètres. Mais bon, la VDI on est obligé de se diffuser au maximum. On ne peut pas se cantonner juste à sa ville, ni aux petits villages autour. On est obligé de faire des kilomètres, de bouger, de se faire connaître. Et les réseaux sociaux, et la vente par correspondance. Ca fait partie du job obligatoirement.

Quelle est la nouvelle marque pour laquelle tu travailles ?

LesNouveauxTravailleurs : Tout à l’heure tu as commencé à parler du fait que tu as changé de marque. Ca date de cette année, tu m’expliquais tout à l’heure. Quelle est cette nouvelle marque ? Est-ce que c’est toujours dans les bijoux ? Et pourquoi est-ce que tu as changé ?

Julie Vérune, Slasheuse : J’ai changé mi-novembre 2017 pour la marque Stella & Dot, qui est une marque new-yorkaise, mais qui a un siège Français à Paris. Elle a dix ans mais est en France depuis cinq ans. Il y a à peu près mille vendeuses éparpillées dans toute la France. Et c’est une marque qui fait des styles de bijoux complètement différents de ce que je vendais avant. C’était une volonté de ma part de changer radicalement de style pour faire mon deuil, et pour que mes clientes aussi aient un renouveau, un nouvel esprit. Donc on est plus sur du doré, de l’ethnique, mais très très varié, avec plus de 500 références. Donc un gros catalogue, avec plein de variétés. Et qui n’a pas que des bijoux. Il y a aussi de l’accessoire, c’est-à-dire des pochettes, des sacs à main. Il y a aussi des hauts et des chapeaux. Et c’est cette variété qui m’a vraiment attirée vers eux. Puisque quand j’ai rompu avec mon ancienne société, j’ai vraiment cherché toutes les marques de VDI qu’il y avait sur la France. Et, même si celle-ci, il y avait un investissement de ma part, je suis tombée complètement fan de leur style, et aussi de leur variété, du fait que ça change tout le temps. Ca suit la mode, mais il y a aussi des esprits qui sont intemporels. Donc c’est ce qui me plaisait d’avoir vraiment une grande variété.

Et j’ai pensé aussi à mes clientes. C’est-à-dire qu’il fallait qu’elles aussi y trouvent leur bonheur. Donc je me suis dit que, s’il y en avait qui étaient toujours affectées à mon ancienne marque, il y avait des choses qui ressemblaient un petit peu. Et pour celles qui vont vraiment vouloir changer de style, elles vont trouver vraiment un épanouissement, parce qu’il y a de la couleur, du doré (alors que mon ancienne marque ce n’était que de l’argenté). Il y a aussi du plaqué or, des diamants…Une variété de prix aussi. C’est important de pouvoir toucher tous les budgets. Ca part de vingt euros jusqu’à cinq-cents euros, donc on peut dire que tout le monde peut y trouver son bonheur au niveau de son budget. J’aime vraiment cette marque. Et c’est un challenge pour moi ce changement, de faire plaire cette marque-là maintenant. Donc ça fait bientôt six mois que je suis chez eux, et j’espère que je vais arriver à m’intégrer dans les bijouteries de mes nouvelles clientes.

Pourquoi as-tu changé de marquer ?

LesNouveauxTravailleurs : Sans s’attarder, en quelques mots, est-ce que tu peux résumer la raison qui t’a fait changer de marque ?

Julie Vérune, Slasheuse : La raison qui m’a fait changer de marque c’est que mon ancien PDG a plié boutique on va dire. Pour expliquer que ce n’est pas un souhait personnel d’avoir changé. Il a voulu complètement arrêter tout du jour au lendemain. Du coup j’étais contrainte forcément de changer de société.

Quel sentiment ça t’a provoqué ce changement, et comment as-tu rebondi ?

LesNouveauxTravailleurs : Ce que je trouve intéressant à montrer ça c’est que Julie était dans une situation avant où elle avait ses deux activités (à l’hôpital et pour l’ancienne marque de bijoux), et il y a un événement, une période, qui a fait que, bien qu’elle était super épanouie à vendre ces bijoux-là, elle a dû arrêter malgré elle. Ce que j’ai envie de te demande maintenant c’est : quel sentiment ça t’a provoqué ce changement, et comment as-tu rebondi ?

Julie Vérune, Slasheuse : J’ai très très vite rebondi parce que j’avais ma clientèle. En plus c’est arrivé au mois de novembre, ce sont les meilleurs mois de l’année (octobre, novembre, décembre). Avec cette rupture je me suis dit “déjà je ne peux pas arrêter parce que j’aime trop ça”. C’est en moi ce sens du commerce, et puis le fait aussi d’avoir ce côté affectif avec les clientes, que peut-être on ne va pas avoir en boutique. Donc fidéliser une clientèle, faire qu’elles me suivent sur les réseaux sociaux, qu’elles continuent à m’acheter des bijoux à moi. Voilà, essayer de lier un lien avec ces clientes-là. Que ce soit plus que des clientes aussi. Certaines sont devenues de copines, même des amies. D’ailleurs j’en ai déprimé en quelques sortes quand ça s’est arrêté parce que je me suis dit “Je ne peux pas m’arrêter comme ça, j’aime trop ça, j’aime trop ce que je fais ! Donc il faut que je rebondisse”. Donc c’est pour ça qu’en une semaine tout a basculé. J’ai changé radicalement pour Stella & Dot. Et j’ai vraiment expliqué à ma nouvelle société que ça allait être dur. Parce que six ans dans l’autre société, on n’enlève pas ça du jour au lendemain. Mais que j’allais me booster. En plus j’ai eu quarante ans juste après, et quelque part ça m’a ouvert les yeux. Ca n’a pas été évident du tout mais je me suis dit “Allez, il faut que tu te boostes, tu peux y arriver”. Il y a des événements comme ça dans la vie qui font qu’on réagit, on ouvre les yeux et allez, à fond !

Est-ce que tu penses continuer à faire ces deux activités en parallèle ?

LesNouveauxTravailleurs : Est-ce que tu penses continuer à faire ça ? A avoir ces deux activités en parallèle pendant encore un moment ou est-ce qu’il y a du changement qui est prévu dans tes plans futurs ?

Julie vérune, Slasheuse : Ces événements-là m’ont fait réaliser aussi que ça va faire vingt ans que je suis standardiste et que ça ne pouvait plus durer. Que j’avais envie de changement de ce côté-là. Parce que j’aspire à mieux. Je pense que de nos jours, on ne vit plus de la même façon. On ne fait plus le même métier toute notre vie. On ne fait plus des études et, sorti des études, jusqu’à la retraite le même métier. Donc là aussi j’ai ouvert les yeux, je me suis dit “Quarante ans : c’est maintenant ou jamais ! Là tu t’encroûtes, c’est plus possible, il faut du changement, et tout de suite, de façon radicale”. Donc là aussi je suis en train de voir pour prendre une dispo à l’hôpital. Puisqu’on a la chance d’avoir cette possibilité-là, qui fait que, finalement, “on ne prend pas trop de risques”. Puisque si jamais ça ne marchait pas ailleurs, je peux revenir. Pendant dix ans, j’ai toujours une place qui m’attend à l’hôpital. Donc c’est pour ça que je saisis cette opportunité.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Slasheur | Témoignage de Roman Buchta : Formateur-Coach / Blogueur / Musicien

Donc : changement de marque de bijoux et changement aussi de mon à-côté radicalement parlant aussi. Je prends une voie complètement différente, qui est en train vraiment de se mettre en place là.

LesNouveauxTravailleurs : …Que tu nous dévoiles ou pas ?

Julie Vérune, Slasheuse : Oui, je vais travailler pour mon frère, Rémi vérune, qui est patron et créateur de Mission Exit sur Montpellier, qui est un “escape room”. C’est vraiment un jeu qui a le vent en poupe actuellement, qui est hyper à la mode. Pour résumer, c’est un jeu où on est enfermé dans une salle pendant une heure, et le but est de résoudre des énigmes pour sortir de cette salle. Donc résoudre des énigmes, trouver des objets qui vont aider à sortir de cette salle. C’est un divertissement mais ça fait du bien, il faut se divertir de nos jours. Ca rejoint un peu plus mon activité de VDI, plus que l’hôpital, c’est certain. Je vais l’aider à développer son activité en proposant ce jeu aux entreprises, pour des teambuilding, des séminaires, faire un peu de cohésion d’équipe, etc. En passant par ce jeu-là, qui peut vraiment leur donner une distraction sympa, et aussi un peu de réflexion. Donc il a quatre salles et on va développer ça ensemble.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui aimerait se lancer dans la même configuration (travail à mi-temps / VDI) ?

LesNouveauxTravailleurs : Donc l’idée n’était pas du tout de faire toute la promotion de toute la famille et de tout ce qu’ils font, c’était vraiment sur la slash, mais c’est venu naturellement. Et je trouve que c’est plus concret aussi de citer vraiment les exemples concrets. Enfin en tout cas moi, plus il y a de concret, plus j’arrive à retenir. Donc c’est plus dans cette idée-là qu’on a cité tout ça.

Est-ce que tu veux ajouter un conseil à ceux qui aimeraient se lancer dans la même configuration ? C’est-à-dire un boulot à mi-temps quelque part et un boulot de VDI ?

Julie Vérune, Slasheuse : Pour moi, j’estime que c’est compliqué de faire de la VDI seule, comme un métier unique. Mais par contre d’avoir quelque chose où on s’épanouit vraiment, ça c’est hyper important. On en a vraiment besoin, pour avancer dans la vie, et pour avoir la patate au quotidien. C’est une prise de risque aussi, mais je pense qu’on en a besoin. C’est chouette de pouvoir allier deux jobs comme ça, ça évite une routine, de s’enfermer dans quelque chose d’unique. Je ne dis pas que c’est facile. En plus moi j’ai trois enfants, trois garçons, et pas des moindres…Qui ont eux-mêmes des activités, les devoirs et compagnie. J’ai un mari aussi…Et qui m’aide d’ailleurs beaucoup dans mon activité de bijoux. Il va faire des livraison pour moi parfois. Et il m’aide à gérer les enfants quand je ne suis pas là. Parce que du coup je ne passe aucun de mes weekends à la maison. C’est très rare que je sois le weekend non-stop à la maison. Alors je pars, je reviens, mais j’aime cette vie-là, j’ai besoin de ça aussi.

Mais je conseille vraiment aux gens de se lancer dans ce genre d’expérience. VDI ou autre. Après le VDI ce qui est bien c’est qu’on n’a pas d’engagement. Ca veut dire que, ça marche tant mieux, ça ne marche pas, on ne prend pas de risques à s’essayer là-dedans. Donc moi je le conseille vivement. Et on a besoin de trouver un épanouissement. Moi j’adore tout ce qui est communication, relations publiques. Et parallèlement la mode. Donc il faut vraiment trouver quelque chose dans lequel on s’épanouit, c’est important.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Revenir au Remote après 12 ans en Entreprise Classique | Témoignage de Sylvain Hellegouarch

Ne penses-tu pas qu’il faut être passionné par le produit que tu vends si tu es VDI ?

LesNouveauxTravailleurs : Je voulais faire un point là-dessus aussi : est-ce que tu ne penses pas qu’il faut être passionné par le produit que tu vends si tu es VDI pour réussir ?

Julie Vérune, Slasheuse : C’est certain, parce que, quand il y a eu la rupture avec mon ancienne société, j’ai été démarchée par d’autres sociétés de VDI, mais le produit ne me plaisait pas. On me déroulait le tapis rouge, mais soit les produits étaient trop similaires avec mon ancienne marque, et vraiment je ne pouvais pas, il fallait que je fasse une cassure entre les deux. Soit c’était des produits qui ne m’intéressaient pas du tout. Et j’ai dit “Je ne peux pas vendre un produit qui ne me plaît pas, dans lequel je ne suis pas à fond dedans. Je me connais, je n’y arriverai pas.” Je compare souvent à un avocat qui doit défendre même s’il sait que son client est coupable. Moi je n’y arriverais pas à ça. Il faut que je croie dans mon produit, que je sois sûre de lui, de la qualité aussi, c’est hyper important. Et là, chez Stella & Dot, je suis juste fan de ce que je porte, de ce que je vends, et je suis devenue à fond vraiment, et addict moi-même de la marque.

Une dernière chose à ajouter ?

LesNouveauxTravailleurs : Une dernière chose à ajouter ?

Julie Vérune, Slasheuse : Juste que je suis contente de faire ce reportage, que j’espère que ça va pouvoir, qui sait, ouvrir des voies à certains et certaines. Pourquoi pas…Se lancer…Et ça fait du bien d’avoir la positive attitude. Et il faut l’avoir parce que ce n’est pas facile de nos jours. Donc je suis contente d’avoir fait ce reportage et j’espère que ça va donner des fruits.

LesNouveauxTravailleurs : Merci beaucoup à toi !

Julie Vérune, Slasheuse : Merci d’être venue jusqu’ici !

LesNouveauxTravailleurs : Moi je suis contente. Je découvre la nouvelle maison en plus. Et merci à vous aussi d’avoir regardé cette interview. J’espère que ça vous éclaire un peu sur le fait d’avoir deux métiers, dans ce cas de figure particulier qui est d’avoir un métier fixe en temps partiel, avec, à côté le métier de VDI (Vendeur(se) à Domicile Indépendant(e)). A bientôt pour une prochaine interview !

[Fin de l’interview]

Je retiens principalement deux choses de cette interview. Premièrement, Julie semble absolument passionnée par la vente de bijoux à domicile. Et je pense que cette passion, alliée à la “carotte” des voyages, explique qu’elle ait été numéro un de son ancienne marque pendant six ans. Plus globalement, je crois que si on fait quelque chose avec passion, on a plus de chances de devenir bon et d’obtenir des résultats comme ceux de Julie.

Deuxièmement, l’exemple de Julie montre bien comment concilier un boulot non passionnant, mais qui apporte une certaine stabilité, avec un métier aux revenus plus instables, mais passionnant.

Et vous, que retenez-vous de ce témoignage de Julie ? Partagez-le en commentaire 🙂

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.