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Trouver son Elément | Etape 1 de ma Méthode Ikigaï

Ikigaï Etape 1

“Trouver son Elément” est la première des quatre étapes de ma méthode pour trouver son Ikigaï.

Dans l’étape 1, j’ai choisi de regrouper les composantes “ce que j’aime faire” et “ce dans quoi je suis doué” de l’ikigaï, sous le concept d’Elément.

“L’élément est l’endroit où convergent notre passion et nos aptitudes naturelles” – Ken Robinson, expert en éducation et auteur de “L’Elément” et “Trouver son Elément”.

La question principale que l’on se pose dans cette première étape est : “Quelles sont mes aptitudes naturelles que j’aime tellement utiliser que j’en perds la notion du temps ?”

Pour trouver la réponse à cette question, je te propose de prendre ton carnet dont on a parlé dans l’épisode précédent et de dédier des pages aux réflexions suivantes.

Note : le vocabulaire change un peu par rapport au podcast car, en relisant, je me suis dit que ce serait plus clair ainsi

Objectif 1 : Trouver tes talents naturels

Ta mission première et une des plus importantes est de trouver les choses dans lesquelles tu es naturellement doué(e). On a plusieurs types d’aptitudes :

  • Niveau 1 : ce que je suis capable de faire mais j je ne suis pas plus doué que quelqu’un d’autre

→ Jobs alimentaires par exemple

  • Niveau 2 : ce que je suis capable de faire avec de très bons résultats si j’y consacre du temps et de l’énergie

→ C’est le cas de la majorité des travailleurs en entreprise : on travaille suffisamment bien pour recevoir une rémunération en échange et être reconnus par nos pairs ; si on consacre plus de temps et d’énergie, on peut même être augmenté ou monter à des postes plus importants

  • Niveau 3 : ce que je fais très bien de façon naturelle ; mes talents uniques

Ce sont les aptitudes naturelles, les talents naturels. Ce sont des tâches où on se sent pleinement soi-même quand on les réalise. Trouver ce type de compétences en nous peut demander de sortir de sa zone de confort, d’oser essayer d’autres choses. C’est pourquoi peu de personnes connaissent ces talents uniques.

Pourtant, c’est en mettant ses talents naturels au service de son travail que l’on peut y être plus épanoui.

Attention, une “aptitude naturelle” n’est pas une “compétence”. On NAÎT avec une aptitude naturelle, alors qu’on ACQUIERT une compétence en travaillant dessus.

Prenons l’exemple de l’Homme est de la chauve-souris :

HOMME CHAUVE-SOURIS
Aptitudes naturelles Parole

Marcher sur deux jambes

Echolocalisation

Voler

Compétences Former des mots et des phrases

Apprendre à marcher

→ Nécessite d’être au contact d’autres être humains

 

On peut être dans trois situations possibles vis-à-vis de ses aptitudes naturelles :

  1. J’ai trouvé des aptitudes naturelles, j’ai développé des compétences autour de ça, et les utilise au quotidien
  2. J’ai déjà identifié des aptitudes naturelles mais je n’ai pas développé mes compétences autour de ça, et encore moins dans mon travail
  3. Je ne connais pas mes aptitudes naturelles

Notre but dans cette série d’articles sur l’ikigaï est de passer de la situation B ou C à la situation A.

Pour trouver tes talents, je pense qu’il faut arrêter de penser “compétences” et “CV”. En effet, nos meilleurs talents ne peuvent pas forcément s’écrire en deux mots sur un CV.

Par exemple, sur un CV, je vais marquer “Webmarketing”, qui est une compétence. Pourtant, l’aptitude naturelle qui est derrière peut être “Capacité à comprendre le besoin des gens et leur adresser les bons mots”. Cette aptitude-là peut être utilisable dans de nombreux domaines, mais je fais le choix (comme indiqué sur mon CV) de l’utiliser pour faire du webmarketing.

Exercice 1 : Ce qui te vient naturellement

Commençons par le plus intuitif : dans quelles situations as-tu l’impression d’être naturellement doué(e) ?

Vas chercher des idées à la fois dans ta vie professionnelle, personnelle, tes loisirs, tes relations avec tes proches, ce que te disent tes amis (“toi tu es vraiment doué pour ça…”).…

Note quelques idées.

Même si tu n’es pas sûr(e), note quand même les chosent qui te viennent en tête. C’est toujours une base pour évoluer derrière. Tu pourras toujours les gommer ou rayer plus tard si tu estimes que tu as trouvé mieux.

Par exemple, es-tu particulièrement doué(e) pour manier des outils de bricolage ? Dans ton contact avec les gens ? Pour donner des conseils ? Pour tout ce qui touche à l’esthétique (créer de beaux objets, de beaux espaces, bien associer les vêtements…) ?

Exercice 2 : Le test “Strengths Finder” de Tom Rath

Après ce premier exercice, tu as dans tes mains une liste non exhaustive de tes aptitudes.

Pour la compléter, je te recommande de faire le test “Strengths Finder 2.0” de Tom Rath.

Les cinq “forces” qui en ressortent sont des pistes de talent naturels à explorer. Il ne s’agit pas de compétences comme “Développement informatique” ou “Optimisation du Référencement Google”. Ca ressemble plutôt à :

  • Responsabilité : “Les gens particulièrement doués en Responsabilité se sentent responsables de ce qu’ils disent qu’ils feront. Ils sont dévoués à des valeurs telles que l’honnêteté et la loyauté.”
  • Harmonie : “Les gens particulièrement doués en Harmonie recherchent le consensus. Ils n’aiment pas le conflit et cherchent des zones de compromis.”

Ces forces sont des aptitudes qui peuvent correspondre à tout un tas de métiers et de jobs. Peut-etre cela fera-t-il écho à quelque chose que tu fais déjà, ou auquel tu avais pensé, ou bien tu croiseras ce métier plus tard au détour d’une conversation.

Exercice 3 : Trouver le fil rouge entre plusieurs tâches réalisées naturellement

Cet exercice est directement issu de mon expérience personnelle. En travaillant moi-même sur le sujet, j’ai trouvé qu’un de mes talents naturels était de “Transformer une masse brute d’information en une synthèse structurée claire pour son lecteur”. Un peu long pour un CV, n’est-ce pas ?

Pourtant c’est représentatif d’un de mes talents naturels. J’ai inventé cette formulation après avoir listé et croisé plusieurs tâches que je trouvais avoir faites naturellement sans trop d’effort :

  • Note de synthèse aux concours d’entrée en Ecole de Commerce
  • Vulgariser un concept de développement personnel à des amis
  • Faire une présentation orale
  • Transformer mes interviews orales en articles

A ton tour :

  1. Reprends ta liste de l’exercice numéro 1
  2. Essaye de repérer les activités qui ont l’air de faire appel à la même aptitude
  3. Ecris une phrase qui transcrit cette aptitude (comme celle que j’ai mise en début d’exercice)

Objectif 2 : Trouver tes zones de “flow”

Le but de l’exercice est de trouver ce qui te fait perdre la notion du temps. Car, perdre la notion du temps quand on réalise une tâche est une preuve d’intérêt pour ce qu’on est en train de faire.

Le “flow” est un concept inventé par le psychologue hongrois – Mihály Csíkszentmihályi. Il s’agit d’un “état mental qu’on atteint quand on est complètement plongé dans une activité, un état maximal de concentration”. Donc il s’agit d’un moment dans lequel on est tellement absorbé par une tâche que l’on en perd la notion du temps et ce qui se passe autour de nous.

D’après le psychologue et une étude qu’il a menée, ces moments contribuent au bonheur, quel que soit le métier que l’on exerce.

Notre objectif est donc de trouver quels sont tes moments de “flow”.

Exercice 4 : Le journal de “flow”

Si tu as déjà des idées, note-les sur une page de ton carnet, que tu peux intituler “Flow”, puis complète avec ce qui ressortira de cet exercice.

Attention, certaines activités qui nous font perdre la notion du temps ne sont pas du “flow” : regarder un film, appeler un proche, traîner sur les réseaux sociaux. Celles-ci sont des absorptions “externes” et passives.

Le “flow” correspond à une activité que TU effectues, avec ton cerveau ou tes mains 🙂

Par exemple, voici deux exemples de “flow” pour moi :

  • Concevoir des pages ou fonctionnalités de site web
  • Préparer le podcast de cet article 🙂

Contrairement à l’objectif 1 (“Trouver tes talents naturels”), cet objectif va sûrement prendre plus de temps.

Je te propose donc de prévoir de tenir ton “journal de flow” durant un mois. Tu peux faire varier la durée mais il faut qu’elle te permette de voir passer la majorité des activités que tu as dans ta vie. Un mois, ça me paraît bien pour ça 🙂

Pour faire ton journal de Flow, réserve au moins quatre pages de ton carnet et dessines-y le tableau suivant :

Date Quelles sont les activités dans lesquelles je me suis plongé(e) et ai perdu la notion du temps ? Est-ce que j’aime cette activité ? Quelles activités m’ont laissé(e) indifférent(e) ou n’ai-je pas aimées ?

La colonne la plus importante est la deuxième. C’est le coeur de l’exercice. A chaque fin de journée, prends ton carnet, remémore-toi les activités de la journée. Puis note dans cette colonne celles où tu as perdu la notion du temps.

Tu peux aussi faire ça au fil de ta journée, à chaque fois que tu t’en rends compte (ce sera le meilleur journal de “flow”).

La troisième colonne est importante pour différencier ce qui te fait perdre la notion du temps de ton Elément réel. On peut perdre la notion du temps car on est pris par beaucoup de travail et de tâches urgentes. Mais on peut ne pas aimer ces activités. Or, nous cherchons à connaître ton Elément, qui est le croisement entre ce pour quoi tu es doué, et ce qui te passionne.

Enfin, la dernière colonne peut t’aider, par opposition, de te rendre compte de ce que tu aimes. En voyant par exemple que tu n’aimes pas “aller à une fête avec beaucoup de monde”, tu pourras te rendre compte que tu aimes (c’est ce qu’on cherche) “passer du temps avec toi-même”.

Au bout d’un mois (ou un peu après pour encore plus de recul), relis ce que tu as écrit. Tu pourras prendre du recul pour voir ce qui revient comme tâches où tu te sens absorbé(e).

Il y a de grandes chances que ces moments de flow recoupent tes talents naturels (= une piste pour ton Elément)

Objectif 3 : Trouver tes passions

Tout le monde peut avoir des passions. Ici on ne parle pas d’une passion où on passe forcément TOUT son temps (pro ou libre) à faire ça. On parle de quelque chose pour lequel tu as un intérêt et un grand enthousiasme.

La notion d’ikigaï donne l’impression d’une réponse suprême et unique, aussi grosse que la réponse à “quel est le sens de la vie ?”. Mais en vérité, trouver son ikigaï consiste plutôt à identifier toutes les petites choses qui nous rendent curieux d’en savoir plus. Ce qui “nous parle”, fait écho en nous, nous crée des émotions plus fortes que les autres choses.

Dans un monde où on est très centré sur les stimulis extérieurs, on n’est pas toujours habitué à “s’écouter” quand on ressent ces émotions.

Le but de ces deux petits exercices est donc de t’entraîner à repérer ces petites choses que tu aimes.

Exercice 5 : Journal de Jalousie

L’émotion de la jalousie cache en réalité des désirs. On est jaloux de l’autre car on aimerait être à sa place et on estime qu’on y a droit aussi. En identifiant l’objet de la jalousie, on peut donc identifier des désirs qui nous tiennent à coeur (correspond à “ce que j’aime”).

Réserve une page de ton carnet à ton “Journal de Jalousie”. Remplis-le pendant le même mois (ou un autre) que ton Journal de Flow.

Chaque soir, ou chaque fois que ça se produit, note ce qui te rend jaloux(se) et identifie le désir qui se cache derrière.

Par exemple :

Date Objet de la jalousie Désir caché
xx/xx/xxxx Je suis jalouse de cette intervenante qui a l’air complètement à l’aise sur scène devant ce public. Je rêve de donner une conférence devant plus de deux cent personnes et d’être aussi à l’aise que cette intervenante le jour où ça se produit.

Exercice 6 : Journal de Curiosités

Réserve au moins deux pages de ton carnet au Journal de Curiosité.

Pendant encore un mois (ça peut être en même temps que les autres exercices, tout le même mois si tu arrives à tenir le rythme), chaque soir ou chaque fois que ça se produit, note tout ce qui attise ta curiosité et a semblé avoir un intérêt particulier pour toi.

Repère ça dans tout ce que tu lis, regarde, entend quelque chose qui te parle, qui crée une vibration en toi. Ce que quelqu’un dit, une citation dans un livre, un concept entendu dans une émission radio…

Tout ça te donnera des pistes de choses qui te passionnent.

La plus grande difficulté va être de réussir à l’identifier au moment où ça se passe. Rapproche-toi de tes émotions. Quand on est excité à propos d’une idée, ça se joue au niveau du ventre et de la poitrine. Essaye de repérer ça quand ça a lieu et note-le dans ton carnet.

N’oublie pas de noter des choses qui ne concernent pas le boulot. Car, parfois, un hobby personnel peut devenir un projet, qui lui-même peut devenir un business. Si un hobby a la capacité de devenir une activité passionnante qui te rémunère, ça correspond à l’ikigaï, donc il faut la considérer.

Je ne trouve pas mon Elément : que faire ?

Toute cette étape sert à trouver des choses dans lesquelles tu es naturellement doué(e), des choses qui te passionnent, et surtout le croisement des deux. A partir des exercices, repère les activités qui sont au croisement et pars les explorer ! L’Elément ne se trouve qu’en faisant, pas en réfléchissant derrière son bureau.

Tous les Eléments ne sont pas professionnalisables, c’est-à-dire que ça ne peut pas toujours devenir un métier. On verra ça dans l’étape 3. Mais le plus important est de trouver ses aspirations, son Elément, ses zones de Flow. Je voulais vraiment commencer par ça car c’est ça qui est source de bonheur.

Toutefois, que se passe-t-il si, arrivé au bout de ces exercices, tu te dis “Je n’ai pas trouvé mon Elément” ?.

Deux choses peuvent bloquer le fait de trouver ton Elément :

  • Tes croyances
  • Ta zone de confort

Si tu te répètes “C’est pas pour moi”, “Je suis nul en ça”, “Je suis trop vieille, trop jeune…”, tu ne te laisses pas la liberté d’essayer de suivre cette voie et de vérifier.

Il FAUT essayer. Si tu sens que tu es bloqué(e) et n’ose pas aller vers tes curiosités et les choses pour lesquelles tu es naturellement doué(e), il faut que tu essaye de remplacer cette petite voix qui te dis des choses négatives. Quand elle te parle, essaye de la contrebalancer avec une autre voix positive.

Par exemple, si ta voix te dit “Je ne suis pas capable”, fais un exercice hypothétique, d’imagination : “Imaginons que j’en sois capable, que se passerait-il ? Est-ce que ça me plaît ?”. Si oui, essaye de trouver le courage de passer à l’action. Un petit pas.

Tes croyances peuvent aussi venir du fait de trop écouter l’opinion des autres. Si quelqu’un te dit “Toi tu es nul à ça” et que tu le crois, tu risques de te bloquer (pour quelque chose dont tu n’es même pas sûr que c’est vrai).

La deuxième chose qui peut te bloquer est ta zone de confort. Si tu n’as toujours pas trouvé de curiosités, de choses qui t’excitent, te passionnent, c’est que tu es dans un environnement trop stérile.

Il faut que tu sortes de là, que tu essayes de nouvelles choses, que tu parles à de nouveaux cercles sociaux, à de nouvelles personnes. Essaye d’être le Christophe Colomb de ton Elément : lance-toi à la mer avec pour direction ton Elément. Et tombe sur ton Amérique : de nouveaux talents, curiosités, passions.

Comme a dit Steve Jobs : “Connecting the dots can only be done backwards, you can’t do it forwards”. Ca veut dire qu’il faut oser se lancer dans des choses juste parce qu’elles nous font kiffer, et même si on ne comprend pas très bien pourquoi on a envie de ça. Il faut expérimenter là où la curiosité est piquée. Le fil rouge (“connecting the dots”) qui relie ces éléments pourra t’apparaître plus tard.

Clique ici pour être informé(e) quand l’étape 2 sort en podcast 😀

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