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Travailler en Remote : mon Bilan après 5 mois

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5 Mois En Remote : Bilan

Connais-tu les avantages et les inconvénients du Travail en Remote ? En 2016, sept mois après avoir rejoint une startup, j’ai eu le droit de passer en télétravail à temps plein, en “remote”. Pendant les cinq mois qui ont suivi, décembre 2016 à avril 2017, j’ai fait mon travail de Product Manager depuis chez moi.

A ce moment-là, pour moi, ce changement de situation est la réalisation d’un désir fort. Dès les deux premiers mois dans cette entreprise, je réalise que je vis mal certaines contraintes, qu’elles manquent de sens pour moi. Mon premier poste, Webmarketeur, est très autonome : je travaille seule 90% du temps. Donc je ne vois pas pourquoi on m’impose des règles comme :

  • Venir au bureau (alors que je pourrais faire mon travail de n’importe où) ;
  • A des heures précises (puisque mes horaires de travail n’impactent pas le reste de l’équipe la majorité du temps) ;
  • Venir toujours dans le même environnement (le bureau), alors que j’ai besoin d’en changer pour stimuler ma créativité. D’autant que notre bureau est fait de murs blancs et de lumière non naturelle, deux choses qui cassent ma créativité.

Je suis donc très heureuse de passer en télétravail. Mais en cinq mois, j’ai eu le temps de voir les aspects positifs ET les aspects négatifs d’un tel mode de travail. Je t’en parle ici pour que tu puisses te faire ta propre idée de cette manière de travailler, et déterminer si elle serait adaptée pour toi.

Travailler en Remote : les aspects positifs

Pour moi, le télétravail à 100% a été une grande libération. Il m’a permis de moduler mon travail autour de mes besoins et pas l’inverse.

Echapper à la pression de mon manager

Je dis parfois que je suis une “éponge”. Si quelqu’un est énervé à côté de moi, j’ai la sensation d’emmagasiner les ondes négatives. J’ai, depuis, réduit cette sensibilité grâce à la méditation, qui m’aide à garder une distance vis-à-vis des émotions des autres. Mais, à l’époque, j’étais encore une éponge.

La majorité du temps, j’étais au bureau avec mon manager. Les jours de lancement d’une nouvelle version de notre site, il était très stressé. Il avait tendance à s’énerver derrière son écran, en découvrant le travail réalisé par l’équipe technique.

Ce stress qu’il vivait, je le vivais directement aussi, et ça me pesait.

Dans la disposition du bureau, mon écran était visible de mon manager (malgré les deux autres places disponibles). J’avais l’impression qu’il regardait mon écran de temps en temps, qu’il surveillait. Bien que je ne faisais rien de “mal” (je ne glandais pas sur les réseaux sociaux ou quoi), je sentais une pression à cause de ça.

En passant en télétravail, j’ai donc pu échapper à ces deux formes de stress que je ressentais de la part de mon manager.

Déterminer mes horaires

Je crois fermement que l’on travaille mieux quand on respecte son rythme naturel. Et j’en ai eu la preuve quand je suis passée en télétravail. J’ai intégré une flexibilité dans mes horaires de travail.

Arrêter de mettre un réveil

Pour me réveiller naturellement une fois que j’aurais assez dormi, et être assez reposée pour utiliser mon cerveau toute la journée. Et si je me couche plus tard un soir, je me lève plus tard le lendemain. Je ne faisais pas de folies non plus donc l’heure à laquelle je commençais ne variait que d’une heure environ dans ces cas-là.

Manger quand j’ai faim

Si j’ai faim, je pense à ça, et ça me déconcentre de la tâche que je suis en train de faire. Si j’ai faim, ça veut aussi dire que mon corps a besoin d’énergie pour continuer.

En entreprise, je n’ai pas mon frigo et mes étagères de nourriture à proximité. Et, pour ne pas manger seule, j’ai tendance à attendre que d’autres personnes veuillent déjeuner, pour déjeuner moi aussi.

En télétravail, j’ai commencé à manger dès que j’avais faim. Si c’est une petite faim, je prends juste un petit encas. Mais si je sens que la faim est assez importante à 11h du matin, je peux déjeuner à cette heure-là. Idem à 18h avec mon dîner.

Faire une sieste si besoin

Ni le bureau ni l’espace de coworking n’avaient d’espace pour se reposer ou dormir. Or, si je suis fatiguée, c’est comme si j’ai faim, j’ai du mal à me concentrer sur mon travail. Parfois il suffit juste de cinq minutes allongée les yeux fermés pour pouvoir repartir d’attaque. Mais si la configuration ne le permet pas dans les bureaux, ce n’est pas possible.

En travaillant en remote depuis chez moi, j’ai pu faire des mini siestes sur mon canapé, et reprendre plus facilement le boulot derrière.

Utiliser les heures creuses pour mes courses et le médecin

Pour gagner du temps sur ma journée et ma semaine, j’ai décidé d’aller faire mes courses pendant les heures creuses. Ca m’a fait gagner 30 à 60 minutes à chaque course.

Ca marche aussi pour obtenir un rendez-vous plus rapidement chez le médecin : plutôt que d’y aller entre midi et deux ou après le travail le soir, j’y allais en pleine journée. Il y avait un médecin juste à côté de chez moi donc ça pouvait être plié en 30 minutes (trajet, consultation, et passage à la pharmacie compris).

Faire des pauses “utiles”

Au bureau, j’avais trois pauses possibles :

  • Monter sur le balcon quelques minutes ;
  • Aller dans la cuisine voir s’il y avait quelqu’un avec qui discuter ;
  • Sortir du bâtiment et faire un tour dans le quartier.

En travaillant depuis chez moi, j’ai pu faire des pauses “utiles” :

  • Faire de la musique ;
  • Ranger/Nettoyer mon appart ;
  • Aller faire mes courses.
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Et ce, sans crainte que l’on juge ma pause trop longue ou inappropriée.

Organiser mon lieu de travail à ma sauce

Mon appartement : plus adapté à ma productivité

Mon appartement de l’époque dispose d’une lumière naturelle, ce qui me va mieux pour travailler.

Il est aussi très calme. Et, en étant isolée, j’ai pu rester loin des distractions comme des discussions entre collègues au bureau (auxquelles je ne participe pas mais qui m’empêchent de me concentrer).

Changer de lieu de travail régulièrement

Ce qui tue ma productivité et ma créativité, c’est d’être toujours dans les mêmes conditions, le même environnement : toujours assises au même bureau, toujours aller dans les mêmes locaux…

En travaillant en Remote, même en restant chez moi, j’avais l’impression de changer d’environnement, car je jouais sur l’espace disponible et variais les postures de travail :

Assise au bureau : il peut être utilisé en petit format ou déplié pour plus d’espace, ce que j’aime faire quand je dois sortir feuilles et stylos pour réfléchir. Ca me permet de les étaler et d’avoir une vue d’ensemble.

Jambes allongées sur le canapé : c’est un petit plaisir que je me fais presque chaque jour. J’adore la sensation moelleuse du canapé, ça me relaxe, je me fais plaisir tout en travaillant.

Debout au comptoir de ma cuisine : certains espaces de travail commencent à proposer des bureaux pour travailler debout. Au-delà du bienfait pour le corps, parfois, j’en ai juste marre d’être assise ou allongée, j’ai envie d’une position plus dynamique, surtout quand je dois faire de la conception (de fonctionnalités et parcours utilisateurs).

Souvent, je changeais pour marquer le passage d’une tâche à une autre. Changer me permet de repartir de zéro et de me reconcentrer sur ma nouvelle tâche.

Echapper à d’autres sources de stress

En télétravaillant à 100%, j’ai pu échapper à d’autres sources de stress :

  • Métro bondé ;
  • Peur d’arriver en retard ;
  • Mal au ventre : possibilité de m’allonger sur le canapé et réussir à travailler quand même plutôt que me tordre sur ma chaise ;
  • Gagner du temps de travail ou de détente en économisant 1h de transport ;
  • Discrétion pour passer des appels (dans les bureaux, la salle pour passer les appels était mal insonorisée) ;
  • Wi-Fi qui ne tombe pas en panne (au bureau, ça arrivait fréquemment).

Pour toutes ces raisons, devenir travailleuse remote a été une libération. Je l’ai réalisé en me rendant compte que je n’attendais plus le weekend avec impatience. Car, en m’organisant à ma guise, je m’écoute davantage, je vais à mon rythme, je prends plus de temps pour moi, sans empiéter sur mon temps de travail.

Travailler en Remote : les aspects négatifs

Malgré tous ces aspects positifs, le travail en Remote a aussi révélé des aspects négatifs pour moi.

Manque d’interaction sociale

J’adore être tranquille derrière mon ordinateur, à faire mes tâches de mon côté. Je les fais encore mieux si je sais que personne n’est en train de me surveiller ou ne va me demander comment ça avance.

J’étais donc contente de passer en télétravail pour faire ça toute seule chez moi. Je n’étais pas particulièrement attristée de ne plus voir mes collègues de l’espace de coworking, je me sentais indifférente.

Mais après quelques temps, j’ai commencé à sentir que je manquais d’interactions sociales. J’avais environ un appel Skype avec un ou plusieurs collègues chaque jour. Mais je suis une personne extravertie, dans le sens où mon énergie vient du fait d’avoir beaucoup de contact social.

Le problème c’est que je n’étais entourée ni pendant ma journée de travail, ni le soir (je trouve qu’à Paris, c’est compliqué de voir ses amis, tout le monde est très occupé, fatigué par son travail, a déjà dix mille plans prévus, il faut prendre rendez-vous pour dix jours après…). J’étais en colocation, mais une seule personne, ce n’est pas suffisant. Surtout si cette personne elle-même est fatiguée en rentrant de son travail.

C’est parce que j’ai vécu cette solitude que j’ai choisi de voyager avec la communauté WifiTribe quand je suis devenue Digital Nomad.

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Isolé de ses collègues en période de rush

Mes collègues de l’équipe technique travaillaient déjà à distance à l’étranger quand je suis entrée dans la boîte. Nos discussions informelles avaient lieu sur le tchat Slack, ou pendant nos appels Skype.

Mais dans les périodes de “rush” où l’équipe technique doit accélérer la cadence, ils ont moins le temps pour ces discussions informelles, elles disparaissent. Si on était dans le bureau, on pourrait s’arranger pour faire une pause café. Mais à distance, s’ils ont mis leurs notifications en mode silencieux, on n’a pas vraiment moyen de créer cette “pause café”.

La solitude en devient d’autant plus grande.

La pression est là quand même

J’ai dit que devenir travailleuse remote m’a aidée à échapper à la pression de mon manager. C’est vrai, car la personne n’est pas juste à côté. Mais cette pression transparaît dès qu’on a des discussions sur Skype ou sur le tchat. Donc on n’y échappe pas complètement non plus.

Centrée sur mes problèmes

A force de passer autant de temps avec moi-même, j’ai commencé à focaliser mon attention sur mes problèmes, à avoir des pensées négatives, à être démotivée… J’ai l’impression qu’au contact des autres, on a davantage tendance à porter son attention ailleurs.

Difficile de me détendre dans mon appartement

Comme mon appartement est devenu mon lieu de travail, j’ai commencé à trouver difficile de le voir comme un lieu de détente. J’y passais trop de temps.

C’est pour ça que j’ai commencé à travailler dans des cafés.

Bilan après 5 mois en Travail Remote

A mes yeux, le télétravail à 100% reste un mode de travail très intéressant et libérateur. Et c’est pour ça que je continue d’en parler sur ce blog. Seulement, il faut trouver des solutions aux aspects négatifs que l’on rencontre.

Par exemple, pour éviter la solitude, on peut travailler dans un espace de coworking de temps en temps, avec ses collègues ou n’importe quel autre travailleur. On peut aussi compter sur une vie sociale très riche en dehors du travail pour équilibrer.

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